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Communications high tech: tous espionnés?

Dans Conso > High tech

Publié le : 20 novembre 2009
Dernière mise à jour : 20 novembre 2009
Florent Gaillard
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Le mobile a supplanté le téléphone fixe et les Français s'échangent chaque mois plus de 2 milliards de SMS. Mais la communication moderne ne s'arrête pas là; en utilisant les mails, tchats et forums, que risquons-nous?

Au travail ou à la maison, pas un jour sans qu'on utilise le téléphone mobile ou que l'on surfe sur internet. Le high-tech nous facilite la vie, mais aussi peut l'empoisonner: suis-je traqué quand je surfe, quand je paye, quand je communique ou quand je me déplace?

On peut utiliser mon portable à mon insu pour passer des appels surtaxés

Eh oui! F-secure, une société finlandaise qui conçoit des antivirus pour les téléphones mobiles, nous apprend sur son site que certains logiciels malveillants (virus) peuvent envoyer, à votre place, des SMS vers des services coûteux et même passer des appels vers des numéros surtaxés.

Comment bloquer ces virus?
Equipez-vous d'un antivirus. Mais, rassurez-vous, l'Office central de lutte contre la cybercriminalité assure n'avoir jamais eu de cas en France.

On peut écouter mes conversations

C'est possible! Grâce est un petit boîtier vendu sur Internet qui possède un emplacement pour recevoir une carte Sim. Une fois la carte insérée, il devient alors une sorte de micro d'ambiance et après l'avoir caché chez vous ou dans votre bureau, l'espion a juste à appeler le boîtier pour entendre ce qui se passe dans la pièce! Encore pire, certains logiciels peuvent modifier le programme interne du téléphone lui permettant de décrocher à distance (sans sonnerie préalable) afin d'écouter les conversations dans la pièce dans laquelle il se trouve.
En revanche, votre opérateur ne peut pas écouter les conversations sur votre mobile.

Ce que dit la loi
C'est illégal! Seule exception: lors d'une enquête judiciaire, la police peut mettre votre mobile sur écoute.

Je peux être renvoyé parce que j'ai envoyé des e-mails personnels du bureau

L'histoire est en effet arrivée à une femme qui a été licenciée pour avoir envoyé 156 e-mails personnels en 2 mois. La salariée a bien essayé d'invoquer l'atteinte à la vie privée et faire annuler son licenciement. Peine perdue. Le conseil des prud'hommes a finalement entériné la mesure de licenciement.

L'avis de la CNIL
Si des procédures disciplinaires peuvent être engagées, vous devez en être explicitement informé, par exemple, par une charte de bons usages de l'informatique.

Quelqu'un peut intercepter mes SMS à distance

Etre espion n'est plus réservé aux acteurs des films et aux agents de la CIA, c'est désormais à la portée de tous puisque l'on trouve sur le Net des logiciels qui permettent de recevoir une copie des SMS d'un téléphone «mis sur écoute».
Vendus aux alentours de 200$ (134€), ces logiciels font même plus: ils enregistrent le journal des appels et le transmettent au téléphone de l'espion. Pour installer ce logiciel, l'espion ou l'espionne doit avoir accès à votre portable.

Ce que dit la loi
Le procédé est totalement illégal et peut être puni d'un an d'emprisonnement et de 45.000 € d'amendes.

On peut être licencié pour des propos tenus sur la Toile

Lassé par ses conditions de travail, un salarié de Michelin s'est plaint sur Internet en qualifiant son travail de «boulot de bagnard» et en traitant son employeur d'«exploiteur». Manque de  chance, des membres de l'entreprise sont tombés sur ses propos et l'information est remontée aux oreilles de la direction.
Bilan: l'employé qui avait crié son mal-être a été licencié.

Ce que dit la loi
Un salarié est tenu à une obligation de loyauté. Et si les propos sont faux, il tombe sous le coup de la diffamation.

Je peux avoir des problèmes avec la police en insérant une vidéo sur un blog

"Police judiciaire de Lyon, ouvrez s'il vous plaît", c'est ce qu'a entendu à 7 heures dans son interphone un internaute compilant sur un blog des vidéos amusantes du Net. Pensant à un canular, il hésita avant d'ouvrir la porte mais quelques instants plus tard, 3 policiers peu accommodants se tenaient devant sa porte d'entrée. C'était bien lui qu'ils recherchaient. Sa faute? Avoir relayé, sur son site, une vidéo Dailymotion comparant le président d'un grand club de foot français à Hitler. Le président en question n'ayant, et c'est compréhensible, pas apprécié la comparaison, a porté plainte pour diffamation. Les policiers étaient à la recherche de l'auteur de la vidéo et comme il avait été l'un des premiers à relayer cette vidéo sur son site… Après 45 mn passées à analyser son disque dur, les policiers ont finalement reconnu leur erreur.

Ce que dit la loi
Tenir des propos diffamatoires sur la Toile est puni par la loi de 12.000 € d'amende (22.500€ en cas de racisme).