1 Français sur 2 a déjà conduit sous l’emprise d’alcool

Une enquête menée par l’ACA et l’Argus révèle qu’un Français sur deux a déjà pris le volant après une soirée arrosée. Une situation inquiétante, d’autant que les contrôles préventifs d’alcoolémie se font rares et que l’alcool reste la première cause de mortalité sur la route.

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Les automobilistes français subissent en moyenne un contrôle préventif d'alcoolémie tous les cinq ans. ©ThinkStock

Boire ou prendre le volant : il faut choisir… en théorie. En pratique, les Français ont du mal à se raisonner après une soirée arrosée. Preuve en est avec ce chiffre : 48,72 % des personnes interrogées dans le cadre d’une enquête* menée par l’Argus et l’Automobile club association (ACA) reconnaissent avoir déjà conduit sous l’emprise de l’alcool. Ont-elles eu peur de se faire contrôler ? Pas vraiment. Près de 54 % d’entre elles estiment « très peu probable » ou « peu probable » le fait de se faire arrêter pour souffler dans le ballon.

Alcool au volant : les contrôles restent rares

Et il faut dire que ces personnes n’ont pas totalement tort. « Avec 565 milliards de kilomètres parcourus chaque année, les automobilistes français ont une probabilité moyenne d’être contrôlés préventivement pour alcoolémie tous les 62 800 km, soit 1 fois tous les 5 ans pour un conducteur parcourant une moyenne de 13 000 km par an », affirment l’ACA et l’Argus. Pour en arriver à cette moyenne, les auteurs de l’enquête ont analysé les réponses de leur panel à la question « Avez-vous déjà subi un contrôle d’alcoolémie ? ». Plus d’un quart des conducteurs interrogés déclarent n’avoir jamais été soumis à un test préventif d’alcoolémie sur la route. Pour les 74 % restants, le contrôle a eu lieu il y a 2 ans, voire, entre 2 et 10 ans.

> Lire aussi : Alcool au volant : vers une tolérance zéro chez les jeunes ?  

L’alcool, première cause de mortalité au volant

Rareté des contrôles préventif d’alcoolémie, abandon des éthylotests obligatoires dans les voitures… mais que fait-on, alors, pour lutter contre la première cause de mortalité au volant ? En 2011, l’alcool a tué 1 150 personnes sur les routes françaises, selon l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière.

Il est vrai que la vitesse reste la première cible du gouvernement, mais l’alcool n’en est pas abandonné pour autant. La commission « Alcool, stupéfiants, vitesse » devrait présenter diverses recommandations lors du prochain Conseil national de la sécurité routière, prévu à l’automne.

* enquête réalisée en juin, sur internet, auprès de 6 566 des adhérents et abonnés des deux structures 

Thomas Levy