269 000 tonnes de déchets en plastique polluent l’océan

Selon une étude internationale, près de 269 000 tonnes de déchets en plastique seraient réparties dans les différents océans de la planète Terre. Cette pollution extrême représente une réelle menace pour les organismes océaniques.

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En observant les déchets de plus de vingt centimètres, les auteurs de l'étude ont remarqué que la catégorie de plastique qui pesait le plus lourd à la surface des eaux était le matériel de pêche. - photo : Thaïlande, avril 2014 ©ShutterStock

Imaginez 38 500 bennes à ordures les unes derrière les autres. Une image insensée, à tel point qu’elle est même difficile à visualiser. C’est pourtant le nombre de camions qu’il faudrait mobiliser pour récupérer les 269 000 tonnes (268 940 tonnes précisément) de déchets plastique qui polluent actuellement les océans, précise l’agence Associated Press. Un chiffre impressionnant mis en avant au sein d’une étude réalisée par une équipe de chercheurs internationale et publiée le 10 décembre dans la revue américaine Plos One.

Océans : 5 250 milliards de particules en plastique

L’ensemble de ces polluants seraient divisés en 5 250 milliards de particules, précise le groupe de scientifiques mené par Marcus Eriksen, du Five Gyres Institute de Californie (États-Unis). Ces données sont le fruit d’un travail fastidieux. Comme ils n’avaient pas d’informations complètes sur le sujet concernant l’hémisphère sud et les zones isolées, les chercheurs ont dû se servir d’un système informatique basé sur leurs observations, effectuées entre 2007 et 2013. Les petits déchets ont été retirés des eaux dans des filets pour être vus de plus près et les plus grands (plus de vingt centimètres) ont été étudiés sans être récupérés (AFP).

Huit zones ont été analysées. Il s’agit des cinq grands gyres subtropicaux (immenses tourbillons d’eau océanique), de la baie du Bengale (nord-est de l’océan Indien), de la Méditerranée et de la côte australienne.

Plastique dans les océans : l’élément le plus représenté est le polystyrène

En se concentrant sur les déchets de plus de vingt centimètres, les auteurs de l’étude ont remarqué que la catégorie de plastique qui pesait le plus lourd à la surface des eaux était le matériel de pêche, soit 70 % de la masse observée. En quantité, le polystyrène est la matière la plus présente au sein de l’échantillon analysé (26 %), suivi par les plastiques divers (21,5 %). Arrivent ensuite le matériel de pêche (20 %), les bouteilles (18,4 %) ainsi que les sacs et films en plastique (9,8 %).

Les chercheurs ont constaté que les morceaux les plus importants se transformaient en de nombreux micro-éléments au niveau des cinq grands gyres. Les plus petits d’entre eux ont été repérés au niveau des zones éloignées des régions habitées, notamment dans les régions subpolaires. Une surprise pour les scientifiques. Cela signifie que, dans un premiers temps, les grands gyres broient les gros morceaux, puis que les restes sont évacués un peu partout dans les mers et les océans au gré des courants.

Déchets en plastique : tous les écosystèmes océaniques sont touchés

Les conséquences de cette pollution son inquiétantes. Les plastiques, qui mettent des centaines d’années à se désagréger entièrement, contaminent « tous les écosystèmes océaniques, y compris les organismes marins, le zooplancton et les espèces vivant dans les sédiments », souligne Marcus Eriksen (Le Monde). Par ailleurs, ils peuvent « concentrer les polluants organiques et altérer le fonctionnement des chaînes alimentaires ».

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Cécile David