29 février : 5 questions pour comprendre ce jour spécial

Tous les quatre ans, le mois de février compte un jour de plus : le 29 février. Il s’agit d’une année bissextile. Mais d’où vient cette étrangeté ? À quoi ça sert ?

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Année bissextile : 5 questions pour comprendre ce jour spécial ©ShutterStock

Ah le 29 février ! Tous les quatre ans, nous subissons une journée de plus. Et comme chaque année bissextile, viennent les fameuses questions que tout le monde se pose : pourquoi ajouter un jour de plus ? D’où vient cette bizarrerie ? Pourquoi signifie le terme « bissextile» ? Que se passe-t-il quand on est né un 29 février ? Réponse à tout! fait le point.

Pourquoi ajouter un jour au mois de février ?

Le 29 février n’est pas un jour créé par les entreprises ou le gouvernement pour nous faire travailler une journée de plus. Ni un jour pour provoquer un vrai casse-tête pour celles et ceux qui sont nés un 29 février. En réalité, il s’agit d’un petit problème de calendrier. Effectivement, la Terre ne fait pas un tour complet du Soleil en 365 jours, mais en 365,242199 jours, soit 365 jours, 5 heures et 48 minutes et 45 secondes (oui, c’est très précis). Notre planète fait donc 365 jours un quart, si on arrondit. Et c’est ce quart de jour qui crée un léger décalage au fil des années. C’est pourquoi, en ajoutant une journée dite intercalaire tous les quatre ans, on parvient à recaler le calendrier terrestre sur celui du Soleil.

Qui l’a imposé ?

On le doit à Jules César ! En 45 avant Jésus-Christ, Jules César observa un retard entre les années solaires et les années civiles. À l’époque, les Romains avaient découpé l’année en douze mois et cette année ne comptait que 355 jours. Mais au fil des années, ils se sont aperçus que les fêtes et les saisons étaient complètement décalées. Ainsi, pour ajuster tout cela, Jules César décida de faire appel à un astronome égyptien, Sosigène d’Alexandrie. Ce dernier s’inspira alors du calendrier de son pays d’origine pour trouver une solution. Et sur les conseils du scientifique, Jules César fixa la durée de l’année à 365,25 jours, instaura le calendrier julien réparti sur 12 mois, de durée inégale, et prévu, tous les 4 ans, un 366e jour pour rattraper les 0,25 jours annuels.

Mais le hic, et il y en a un, c’est que les Romains comptaient 365,25 jours à l’année, et non pas 365,24219. En 1582, des scientifiques se sont rendus compte de l’impair. Ils ont remarqué que le calendrier julien s’était décalé d’une dizaine de jours par rapport au Soleil depuis l’époque romaine. La réforme dite grégorienne vint donc perfectionner le calendrier julien avec le fameux calendrier grégorien. Ce dernier garda le principe des années bissextiles tous les quatre ans, sauf si l’année n’est pas divisible par 100 ou par 400. Ainsi pour déterminer si une année est bissextile, il faut donc vérifier qu’elle est divisible par 4 et non divisible par 100 ou par 400. Par exemple, l’an 1900 n’était pas bissextile, car elle était divisible par 100 mais non divisible par 400. L’an 2000 était bissextile car elle était divisible par 400.

Compliqué mais efficace ! Malgré ces années bissextiles tous les quatre ans, notre calendrier perd malgré tout un retard de trois jours tous les 100 000 ans.

Pourquoi ce mot «bissextile» et pourquoi en février ?

Retour à l’époque romaine. Pour introduire ce 366e jour supplémentaire sans perturber le rythme des fêtes romaines, Jules César créa un « deuxième sixième jour avant mars », en latin « bis sextum Kalendas Martias », d’où découle le mot bizarre « bissextile ».

Pourquoi spécialement en février ? C’est vrai, on aurait pu choisir un autre mois. Jules César décida d’ajouter ce jour additionnel au mois de juillet, son mois de naissance, et nommé comme tel en son hommage. Le mois de février était aussi le dernier mois de l’année à cette époque. Plus pratique. 

Né un 29 février, que se passe-t-il ?

Pas grand-chose. Les personnes nées un 29 février ne fêtent pas leur anniversaire tous les quatre ans (ce ne serait pas juste !). Elles le célèbrent soit le 28 février, soit le 1er mars selon leur préférence. Un bébé né un 29 février aura sa vraie date de naissance inscrite sur sa carte d’identité. Aucune distinction. Sur les réseaux sociaux, Facebook, lui, décide de souhaiter l’anniversaire de ses internautes, le 28 février.

Qu’y a-t-il d’autre de particulier ?

Le 29 février est l’occasion de plusieurs légendes. La plus originale vient d’Irlande. Le 29 février, les femmes peuvent demander la main de leur cher et tendre. L’histoire raconte que Sainte Bridget se plaignait que les femmes se devaient d’attendre la demande (hypothétique) de leur compagnon. Elle demanda ainsi à Saint Patrick d’y remédier. Entendant sa requête, il déclara le 29 février comme étant le jour où la femme peut demander son homme en mariage. S’ils venaient à refuser, la coutume veut qu’ils offrent une paire de gants à la malheureuse, pour lui permettre de cacher sa main non-baguée.

En France, le 29 février est le jour de la sortie du journal satirique, « La Bougie du Sapeur ». Ce dernier rend hommage au sapeur Camember, un personnage né un 29 février 1844. Ce journal est uniquement publié les années bissextiles. Et cette année, il s’agit du 10e numéro. Avis aux collectionneurs. 

Il s’agit également de la Journée internationale des maladies rares. 30 millions d’Européens, dont 3 millions de Français, sont concernés par l’une des 6 000 à 8 000 maladies rares dénombrées.

Enfin, pour l’anecdote, le 29 février a aussi un rôle dans l’histoire : Christophe Colomb, naufragé en Jamaïque, a réussi à survivre en menaçant les habitants de vengeance divine s’ils ne l’aidaient pas. Toutefois, il savait qu’une éclipse de Lune aurait lieu le 29 février 1504, ce qui effraya tellement les Jamaïquains qu’ils acceptèrent. 

Lire aussi : C’est pour le 29 février ou jamais ! 

Marine Vautrin