7 avancées médicales qui vont changer notre vie

La médecine fait des progrès tous les jours. Mais entre le temps 
de la recherche et celui
 de la possible prescription, il faut souvent attendre. Focus sur les dernières avancées en matière de santé.

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7 avancées médicales qui vont changer notre vie ©Shutterstock

Psoriasis : un nouveau traitement pour bientôt

Au-delà des démangeaisons, des fissures et des possibles saignements, le psoriasis est une maladie de peau qui détériore le lien social. Lorsque la peau, organe par lequel chacun s’expose à l’autre, est tapissée de plaques, la relation à autrui est altérée. Bien que cette maladie ne soit pas contagieuse, elle s’accompagne d’une peur du rejet, qui peut être bien réel. Les patients n’ont d’autre alternative que de se couvrir au maximum le corps. On estime même que 10% des patients plongent dans une dépression qui peut être profonde et conduire au suicide. La bonne nouvelle, c’est qu’un nouveau traitement arrive en France sous le nom de Cosentyx.

L’Autorisation de mise sur le marché (AMM) a été accordée à l’automne 2015. Reste à fixer son prix de vente.
 Un prix de vente qui doit satisfaire à la fois les exigences du laboratoire et celles de la Sécurité sociale. Une entente devrait être trouvée d’ici juin 2016. « La molécule du Cosentyx permet de blanchir la peau à 90%, autant dire de faire disparaître la quasi-totalité des plaques. Ce médicament injectable est prescrit à raison d’une piqûre par semaine pendant un mois, puis une fois par mois », explique le docteur Marc Perrusel, membre du Syndicat national des dermatologues. Tous les patients ne pourront pas en bénéficier. Il est réservé aux cas les plus graves : ceux dont 10% de la surface de la peau est atteinte. Pour avoir une idée de ce que cela représente, il suffit de savoir que la paume de la main ne représente que 1% de la surface totale de la peau.

Le Cosentyx, aussi miraculeux qu’il paraisse, peut provoquer des effets secondaires puisqu’il agit sur le système immunitaire qui se retrouve fragilisé, l’organisme est donc plus sensible aux infections. Il faut donc se faire vacciner contre les maladies classiques (diphtérie, tétanos, polio…) mais aussi contre la grippe et le pneumocoque. Des mycoses vaginales sévères peuvent aussi apparaître. Un deuxième médicament est attendu, sous forme de comprimés celui-là. Otezla ne résorbe pas autant les plaques, l’amélioration de l’aspect de la peau est de l’ordre de 40 à 60%, mais il pourra être prescrit en plus des traitements existants.

VIH: le Truvada en prévention

Les personnes séropositives et leurs proches connaissent déjà le Truvada. Un antirétroviral prescrit depuis une dizaine d’années qui contrôle l’infection et empêche la réplication du virus
 dans l’organisme. Comme avec tout traitement antirétroviral efficace, les personnes traitées par
le Truvada, si elles sont dépistées assez tôt,
 peuvent au bout de quelques mois afficher une 
charge virale indétectable. Leur espérance de vie rejoint alors celle du reste de la population et leur risque de transmettre le VIH devient quasi nul.
 Une vraie révolution.

Ce même médicament
 présente aujourd’hui un deuxième intérêt : la prévention. La ministre de la Santé s’est dite favorable, en novembre dernier, à un usage
 préventif du Truvada pour des personnes très exposées au VIH. Comme c’est le cas aux États-Unis depuis 2012. Il est remboursé à ce titre par la Caisse primaire d’assurance maladie depuis le 1er janvier. « Pris par des personnes séronégatives, de façon quotidienne ou avant et après une période d’activité sexuelle, ce traitement empêche le virus de pénétrer dans leur organisme. Ce nouvel outil peut concerner certaines femmes qui ont par exemple du mal à imposer le préservatif à leur partenaire. Il peut aussi concerner une partie de la communauté gay qui a des difficultés à utiliser le préservatif de façon systématique », explique Antoine Henry, porte-parole de l’association Aides.

Car même si les homosexuels restent les personnes qui ont le plus recours au préservatif, ils restent particulièrement vulnérables au virus et chaque relation non protégée peut se solder par une contamination. Un homosexuel a en effet 200 fois plus de risques d’être contaminé par le VIH qu’un hétérosexuel. D’abord, parce que certaines pratiques sont plus contaminantes mais surtout en raison de la forte prévalence du VIH dans cette communauté : en 2014, 40% des nouvelles contaminations concernaient des homosexuels. Or les messages de prévention autour du seul préservatif ont parfois leurs limites. Comme beaucoup d’hétérosexuels, il arrive aux gays de zapper le préservatif pour tout un tas de raisons : dysfonctionnement érectile, blocage psychologique, désinhibition à cause de l’alcool… Personne n’est infaillible. Pour autant, le Truvada n’est pas un traitement anodin : il reste un outil complémentaire qui s’adresse à des publics bien identifiés. Son efficacité est certes similaire à celle du préservatif, mais il peut avoir des effets secondaires, notamment sur le système rénal. Il nécessite un suivi médical étroit et un dépistage régulier des infections sexuellement transmissibles.

Hépatite C: un traitement miraculeux

L’hépatite C est un virus qui peut sommeiller dans l’organisme pendant plusieurs années. Mais lorsqu’il s’active, il endommage durement les cellules du foie, ce qui peut entraîner une cirrhose ou plus grave encore, un cancer du foie. Jusqu’à présent, les patients étaient la plupart du temps traités par de l’interféron et de la ribavirine. Mais un traitement nettement plus performant a été mis en circulation en France en 2014. Il s’agit de la molécule sofosbuvir commercialisée sous l’appellation Sovaldi,
 un antiviral à action directe (AAD) qui bloque la
 capacité du virus à se multiplier. Avec un résultat spectaculaire : 95 % des patients traités
 avec du Sovaldi sont définitivement guéris 
après trois mois de traitement.


Malheureusement, le coût du traitement étant
 de l’ordre de 40 000 euros, seuls les cas les plus 
graves sont pris en considération (environ un cas 
sur dix). À noter tout de même que sur ces 
40 000 euros, il y a 20 000 euros d’économies réalisées 
sur la prise en charge des conséquences chroniques de l’hépatite C : cirrhoses, hospitalisations à répétition, etc.

Sur les deux dernières années, en France, seulement 30 000 patients ont été soignés avec du Solvaldi alors qu’il reste plus de 170 000 cas. Si l’on continue à traiter une moyenne de 20 000 cas par an en France, en dix ans, la maladie serait éradiquée. Une première depuis des décennies. Encore faut-il que la volonté politique suive.
 En Allemagne et en Grande-Bretagne, tous les porteurs de virus sont soumis au sofosbuvir tandis qu’au Brésil, sur 2,2 millions de malades, seulement 30 000 traitements sont administrés chaque année.

Alzheimer: un meilleur diagnostic

La maladie d’Alzheimer frappe de nombreuses personnes âgées de plus de 70 ans. Les premiers symptômes 
se caractérisent par une perte de la mémoire récente, les neurones ne parvenant pas à fixer les derniers événements qui surviennent. Poser un diagnostic suffisamment tôt et juste est déterminant pour accompagner au mieux les proches en détresse, administrer des traitements qui atténuent les troubles cognitifs et de comportement et mettre en place une prise en charge adaptée. Malheureusement, la maladie d’Alzheimer
 dont le diagnostic est pluridisciplinaire (neurologique, neuropsychologique, imagerie cérébrale…) est encore trop souvent confondue avec des maladies dites apparentées. En tête desquelles, la démence fronto-temporale, une pathologie également neurodégénérative. Cette maladie, qui surgit chez des sujets plus jeunes, aux alentours de 65 ans, affecte aussi la mémoire mais pas seulement. Elle se caractérise par des troubles de la personnalité et une perturbation du sens des valeurs sociales. Les zones du cerveau affectées dans la démence fronto-temporale (DFT) ne sont les mêmes que celles endommagées dans la maladie d’Alzheimer. Résultat : les traitements ne sont pas les mêmes et la prise en charge non plus.

Pour que les uns et les autres soient justement considérés par leurs proches mais aussi par le corps médical, il est important d’établir le bon diagnostic. Une équipe de spécialistes internationaux, parmi lesquels Maxime Bertoux de l’INSERM, a mis en place cette année un test spécifique et performant. Pour évaluer la cognition sociale des patients, ils ont demandé à un panel de patients de reconnaître les expressions des émotions sur des photos et qualifier de socialement gênantes une série de saynètes de la vie quotidienne plus ou moins incongrues. Les résultats sont concluants : les tests permettent de poser un diagnostic juste dans 85 à 94% des cas. Un net progrès par rapport aux tests de mémoire qui permettent un bon diagnostic dans 70% des cas seulement.

Prothèse de l’épaule : en ambulatoire, c’est possible

Alors que dans la plupart des hôpitaux et cliniques, l’opération chirurgicale de l’épaule avec pose de prothèse, recommandée dans les situations d’arthrose, nécessite une hospitalisation de 48 à 72 heures, la clinique Monticelli de Marseille a mis en place depuis fin décembre une intervention en ambulatoire. Concrètement, cela signifie que le patient entre le matin et ressort le soir.

Comment est-ce possible ? Plusieurs paramètres entrent en ligne de compte. Tout d’abord, l’anesthésie est dosée de manière très fine. Moins profonde, elle dure aussi moins longtemps : une heure et quart au lieu de deux heures. La qualité du réveil s’en trouve également facilitée. Ensuite, la prothèse destinée à remplacer le cartilage usé ou disparu est fabriquée en Pyrocarbone, un nouveau matériau qui a des propriétés mécaniques proches de celles de l’os. De plus, elle ne remplace que la tête humérale et non plus la glène. Enfin, la prise en charge de la douleur, par le personnel infirmier notamment, est adaptée. Le patient est informé en amont des étapes de l’intervention, plus rapide en ambulatoire, et de sa convalescence.

Cette opération en ambulatoire ne convient qu’aux patients les plus jeunes, âgés de 50 à 75 ans et qui sont entourés lorsqu’ils retrouvent leur domicile. Les personnes plus âgées et aussi plus seules préfèrent l’hospitalisation. Car se sentir accompagné pendant toute la convalescence les rassure.

Cancer colorectal : un dépistage plus pointu

La cancérologie est certainement le champ médical où la recherche fait les avancées les plus spectaculaires. En matière de traitements, on peut désormais compter, pour certains cancers sur l’immunothérapie et les thérapies ciblées. Mais avant 
de soigner voire de guérir du cancer, encore faut-il
 le diagnostiquer. Le cancer colorectal, troisième cancer 
le plus fréquent en France après le cancer de la prostate et du sein, et le deuxième le plus meurtrier derrière le cancer du poumon avec plus de 17 500 décès par an doit être identifié le plus tôt possible. Depuis 2009, le ministère de 
la Santé invite les personnes âgées de 50 à 74 ans à se faire dépister tous les deux ans. Le dépistage précoce permet 
de réduire les risques de mortalité de 15%.

Depuis 
le printemps 2015, un nouveau test, toujours pris en charge à 100% par la Sécurité sociale, est disponible. Ce test dit 
« immunologique » détecte la présence d’hémoglobine humaine dans les selles. Avec ce nouveau système, 
un seul prélèvement de selles est nécessaire contre six auparavant. Plus simple, il est aussi plus fiable : il détecte en effet deux fois plus de cancers et presque trois fois plus de lésions précancéreuses. Alors que 16 millions de personnes sont concernées par cette campagne de dépistage en France, seul un tiers d’entre elles répondent 
à l’appel. Or le test n’est positif que dans 4% des cas. Et encore, il ne signifie pas du tout que les personnes sont atteintes du cancer colorectal encore appelé cancer de l’intestin. Cela veut juste dire que le sang trouvé dans les selles nécessite une coloscopie pour vérifier l’absence ou non de polypes.

Parkinson : les bienfaits de l’effet retard

La maladie de Parkinson est une maladie neuro-dégénérative qui touche 1,5% des plus de 65 ans. Caractérisée par la disparition progressive de certains neurones produisant de la dopamine, elle se traduit en premier lieu par des mouvements brusques, saccadés et incontrôlés avec à la clé une perte de coordination et d’équilibre.

Pour atténuer les effets de la maladie, il faut suppléer la diminution de la dopamine dans le cerveau. C’est ce que font les médicaments aujourd’hui. Mais le vrai challenge est d’agir en deux temps : produire de la dopamine à court et moyen termes afin que son taux reste constant. Un médicament autorisé aux États-Unis, le Rytary qui se prend par voie orale, provoque à la fois cette libération immédiate et cet effet retard. Il devrait faire son entrée sur le marché européen cette année.

Une autre solution novatrice existe : l’implantation d’électrodes au cœur du cerveau afin de stimuler artificiellement les neurones. Cette technique qui a valu au professeur français Alim-Louis Benabid le prix Lasker 2014, équivalent américain du prix Nobel de médecine, ne correspond qu’à 10 à 15% des patients, ceux dont la maladie est prise précocement. Reste que ce dispositif est non seulement coûteux mais aussi délicat à poser.

À quoi sert le simulateur de vieillissement ?

Pour favoriser la bientraitance dans les établissements pour personnes âgées, mais aussi permettre aux designers d’élaborer des solutions adaptées au troisième voire au quatrième âge,
 un simulateur de vieillissement a été mis au point à destination des usagers. Un ensemble de dispositifs qui permet de prendre conscience dans son propre corps de ce que vivent les patients. Cela va du poids aux chevilles et aux mollets, permettant de reproduire l’impact sur les mouvements quotidiens de la faiblesse musculaire, aux lunettes provoquant la même gêne que la cataracte, la DMLA (dégénérescence maculaire liée à l’âge), la rétinopathie diabétique, le décollement de rétine ou encore le glaucome jusqu’aux casques générant différents troubles 
de l’audition, ou encore une dorsale engendrant les douleurs d’une lombalgie par exemple. Aujourd’hui, une dizaine de dispositifs de la sorte sont en usage dans des établissements spécialisés en gériatrie. Malgré une diffusion très lente, le simulateur de vieillissement a 
tendance à se généraliser. Pour 
un progrès dans le bien-être des plus âgés.

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Alexandra Da Rocha