AAA : ce que pensent vraiment les agences de notation de la France

Le CAC40 clôturait hier en légère hausse (+0,89%) à la bourse de Paris malgré les inquiétudes relayées durant tous le week-end suite à la dégradation de la note de la France par l’agence Standard and Poor’s.

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©ThinkStock

Une dégradation d’un cran pour la note de la France passée de son fameux AAA à AA+ selon l’agence Standard and Poor’s qui, dans le même temps abaissait aussi la note d’autres pays européens. L’Espagne passait ainsi à A, le Portugal à BB, l’Italie à BBB, ces trois pays dégradés de deux crans, L’Autriche à AA+, la Slovénie à A+ et ainsi de suite. Afin de mieux comprendre il faut savoir que l’ordre de ces notes est le suivant : AAA, AA, A, BBB, BB et C.

 

Autant dire que même avec un AA+ la France ou l’Autriche restent dans le haut du tableau ce qui n’a visiblement pas échappé aux marchés financiers puisqu’hier, la bourse de Paris finissait en hausse avec pour le CAC40, son indice phare, une progression de +0,89%. Anticipée sans être redoutée malgré les nombreux commentaires du week-end, la perte de ce fameux AAA par la France est, pour le moment tout du moins, totalement passée inaperçue.

 

Mais si Standard and Poor’s a décidé de faire passer la France de son statut d’élève exceptionnel et celui de très bon élève les deux autres agences de notation (car elles sont trois au total à être suivies avec attention par les marchés financiers et donc les états qui en dépendent bien souvent), Moody’s et Fitch Rating ont quant à elle décidé et annoncé que la France conservait son AAA… Car pour ces agences, malgré des perspectives économiques globalement négatives, le tableau est loin d’être totalement noir pour la France. L’agence Standard and Poor’s ne manquait pas elle même de souligner que l’économie française est « riche, diversifiée, résiliente ».

 

Les agences de notation soulignent les atouts de la France

Pour Fitch Rating qui annonce toutefois des perspectives négatives la France conserve son AAA en raison de « son économie riche et diversifiée, ses institutions politiques, publiques et sociales efficaces et sa gestion flexible de sa dette ». Enfin, Moody’s, qui pourrait revoir la note de la France à la baisse d’ici la fin mars maintient pour le moment le AAA de la France « sous pression » tout en soulignant aussi le caractère « riche » de son économie et la solidité de ses institutions.

 

Bref, la France reste aux yeux de ces experts de l’économie et de la finance un acteur aussi solide que sérieux. Les problèmes qu’ils soient structurels (déficit trop important, dette abyssale, rigidité de système de l’emploi) ou conjoncturels (crise économique, faillite potentielle d’autres états de la zone Euro) sont néanmoins clairement mis en exergue par cette actualité. C’est un coup de semonce. Il ne s’agit en outre pas d’y voir le quelconque dictat des marchés financiers : un état peut-il perpétuellement voter des budgets en déficit ?

 

Il reste désormais aux politiques à mettre de l’ordre dans les finances publiques alors que cette dégradation partielle nous rappelle, comme un avertissement très clair, quels sont les véritables problèmes de la France, d’un point de vue économique.

La Rédaction