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Grève

Air France : les pilotes souhaitent sauver les apparences

Le 10/02/2012 à 17:05:25
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Les pilotes d’Air France rencontraient ce matin le ministre des transports pour trouver une issue au conflit. Hier, le personnel navigant a réaffirmé qu’il était hostile à la proposition de loi sur le "service minimum" en cas de grève dans l'aérien.

Après quatre jours de grève, des représentants syndicaux du personnel navigant d'Air France devaient être reçus ce vendredi matin par Thierry Mariani, ministre des transports. Ce dernier affirmait jeudi que ce rendez-vous ne serait certainement pas concluant et qu’il ne cèderait sur rien: « On n’est pas là pour trouver un terrain d’entente avec les syndicats, mais pour organiser un service garanti ».

A seulement quelques heures du rendez-vous, l’entourage du ministre certifiait une hostilité à toute négociation. « La réunion devrait tourner court très vite » déclare un proche du ministre, ajoutant « Nous n’avons rien à dire et rien à négocier ». De fait, c’est en interne que pourrait venir l’issue du conflit. La « stabilité des plannings » auxquels sont attachés les pilotes pourrait être négociée dans le cadre d’un accord conventionnel avec la direction d’Air France.

« Se déclarer gréviste 48h avant, c’est tuer la grève »

Les organisations syndicales souhaitent que certaines mesures de la loi sur l’encadrement de la grève dans le secteur aérien, votée le 25 janvier dernier à l’Assemblée nationale, soient rediscutées. Le principal point de désaccord concernerait l’obligation, pour chaque salarié gréviste, de se déclarer 48h au préalable, et, ce, pour chaque jour de grève. Selon les syndicats, cette mesure permettrait à l’entreprise de s’organiser et ainsi rendre le mouvement social inaperçu. « L’encadrement de la grève a fini par être accepté en 2007 par les cheminots de la SNCF où l’organisation du travail est différente de la nôtre. Dans nos métiers de navigant, il n’y a que 15 % de l’effectif qui travaille chaque jour : se déclarer gréviste 48h avant, c’est tuer la grève », a déclaré un membre du Syndicat national des pilotes de ligne.

Aussi, un engagement de la direction de la compagnie sur la stabilité de planning éviterait de faire appel à des non grévistes de repos pour maintenir les vols lors des grèves et faire par la suite travailler les grévistes sur leurs jours de repos. Un tel accord viderait la proposition de loi de sa substance et de son efficacité mais permettrait à tous (majorité et syndicats) de sauver la face.


Par Laura Gerhard

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