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Financement

Comment les musées font bouillir la marmite

Le 19/05/2012 à 07:55:51
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Ce soir, c’est la Nuit des musées. Profitez-en, la visite est gratuite. De quoi oublier, qu’au grand jour, les musées coûtent cher aux finances publiques… On vous brosse le tableau !

Il y a, en France, 37 musées nationaux dépendant directement de l’Etat. Parmi eux, des établissements de renommée internationale, comme le Louvre, musée le plus visité au monde, ou le château de Versailles, mais aussi des curiosités, comme le musée de la Porcelaine à Limoges, ou celui de la Voiture et du tourisme à Compiègne…

Dans les années 2000, pour faire des économies, l’Etat a pris diverses mesures afin que les musées acquièrent une certaine autonomie… financière. Ça a fait pschitt. Alors qu’en 2000, tout compris (subventions de fonctionnement et rallonges pour travaux exceptionnels), la facture se chiffrait pour l’Etat à 334 millions ; en 2010 la douloureuse s’élevait à 527 millions d’euros. Un bond de 58 % ! Pas grave, diront les optimistes, car c’est un immense succès populaire. Effectivement, en 2011, les musées nationaux ont accueilli 27 millions de visiteurs. Dont près de 90 % pour les seuls musées parisiens… grâce à 70 % de touristes étrangers ! Du coup, les prix ont flambé. En 2000, au Louvre et à Versailles, le tarif de base était de 7 euros. Aujourd’hui, au Louvre, il est de 10 euros (43 % de hausse), et à Versailles de 16 euros (129 % de hausse) !

Réductions fiscales aux gentils mécènes

Pour faire bouillir la marmite des musées, l’Etat a décidé d’encourager le mécénat. En juin 2002, Jean-Jacques Aillagon, ministre de la Culture, annonçait un doublement des avantages fiscaux liés au mécénat. Chaque particulier a du coup droit à une réduction d’impôt égale à 66 % du don effectué (dans la limite de 20 % du revenu imposable). Et peut, en sus, bénéficier de petits cadeaux. L’hiver dernier, pour restaurer deux trésors de l’art égyptien du Louvre, l’opération Tous mécènes ! permettait, en plus de la réduction fiscale, pour tout don minimal de 200 euros, de découvrir le Louvre un mardi, jour de fermeture.

Fructueuse plongée dans les arts de l'islam

Ce sera l’événement de la rentrée. En septembre, à Paris au musée du Louvre, sera officiellement dévoilé le nouveau département des arts de l’islam. Un espace de 4 000 m2 pour exposer une collection de 18 000 pièces. Coût de l’opération : 100 millions d’euros, dont 32,5 millions financés par l’Etat. 30 millions d’euros proviennent de généreux donateurs, au premier rang desquels, avec 17 millions d’euros, le prince saoudien Al-Waleed Bin Talal, grand amateur d’art, propriétaire de l’hôtel George-V et actionnaire de Disneyland Paris. Dans son sillage, on trouve de grosses entreprises françaises comme Total, Lafarge, Bouygues et Orange. Le reste du financement est apporté par des pays islamiques – le Koweït, le sultanat d’Oman, le Maroc, la République d’Azerbaïdjan…

Accord en or avec Abu Dhabi

Si, en France, les musées ne sont pas rentables, en revanche leur notoriété internationale peut s’avérer très payante. Fin 2013, aux Emirats arabes unis, sera ainsi inauguré le Louvre d’Abu Dhabi. Pour sceller ce partenariat, l’émir a sorti son carnet de chèques : 400 millions d’euros au Louvre pour utiliser son nom, 165 millions à l’agence France- Museums (dont le Louvre est actionnaire majoritaire) qui prodiguera ses conseils, et une enveloppe de 250 millions d’euros destinée aux musées français qui prêteront des oeuvres majeures. Une belle addition et un jackpot de plus de 800 millions d’euros !

Jolis coups de pub pour les grandes entreprises

Les grandes entreprises sont également caressées dans le sens du poil. Elles bénéficient d’une réduction fiscale de 60 % (dans la limite de 0,5 % de leur chiffre d’affaires). Et jouissent, en bonus, d’une contrepartie, chiffrée à 25 % de la valeur du don en termes de « visibilité et de relations publiques », c’est-à-dire que leur nom sera mis à l’honneur dans toutes les publications et manifestations du musée. Mais certains en voudraient encore davantage. En 2004, la firme Total, qui avait financé la rénovation de la galerie d’Apollon du Louvre dédiée aux joyaux de la couronne, souhaitait que la salle porte son nom. Mais le ministère de la Culture a dit niet : « Le Louvre n’est pas à vendre par appartements ! »

Par Olivier Annichini

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1 réaction à cet article

Par anonyme | Me connecter




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  1. avatar
    Publiée le 19/05/2012 à 08:34:54- par Anonyme

    Que d'erreurs ! à commencer par le nombre de musées dépendant directement de l'Etat, ils ne sont pas 37 mais 50. Tout le reste de l'article est à l'encan