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Société

Education nationale : un agent sur sept en épuisement professionnel

Le 31/01/2012 à 11:15:38
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Selon une étude parue lundi, un agent de l’Education nationale sur sept se dit en situation de "burnout" et un sur quatre en état de tension professionnelle. Une étude que les syndicats comptent bien utiliser pour faire renforcer la prévention contre les risques psychosociaux.

Les agents de l'Education Nationale vont mal. C'est en tout cas les résultats d'un étude publiée ce lundi et menée par le « Carrefour santé social », regroupant la mutuelle MGEN et les trois fédérations syndicales du monde éducatif (FSU, Unsa Education et Sgen-CFDT. Ainsi, 24% des agents affirment être en état de tension au travail et 14% en épuisement professionnel.
Le Carrefour santé social cite qu’une « proportion non-négligeable des professionnels est en situation de risque psycho-social avéré, en particulier les conseillers principaux d’éducation (CPE), les personnels administratifs, les professeurs des écoles élémentaires et ceux exerçant en collège ». La situation est telle qu’au cours des 12 derniers mois, une grande majorité aurait déjà connu un problème musculosquelettique, touchant la nuque (78%), le bas du dos (75%), l’épaule (60%), le genou ou la jambe (54%).

Une demande psychologique élevée

Par ailleurs, l’enquête « Sumer » menée notamment par l'Inspection médicale du Travail et qui sert de socle de référence en France (toutes professions confondues), confirme le malaise du corps enseignant. Elle met ainsi en exergue une « demande psychologique » élevée dans l'Education Nationale, et montre que c'est à l'école qu'on est le plus stressé : 12% des cadres et 23% des salariés en général se disent « tendus » au travail, en comparaison des 24% de l’Education nationale.
Autre enseignement à retenir, l’épuisement toucherait principalement les hommes et les plus de 55 ans. Elisabeth Labaye, membre de la FSU affirme que c’est bel et bien « la dégradation du travail dans les années récentes » qui expliquerait ces résultats. En cause : « intensification du travail, mise en concurrence des personnels, réformes à la hussarde, injonctions multiples et parfois contradictoires ». Elle ajoute regretter que les 80 médecins de prévention promis il y a deux ans n’aient à ce jour pas encore été recrutés. Aujourd’hui ils sont seulement 24. Samy Driss, membre de l’Unsa Education, a demandé au ministère de prendre en charge cette question de la santé au travail et surtout celle des fins de carrière, souvent plus difficilement vécues depuis la suppression de la cessation progressive d’activité. Cette dernière permettait en effet de travailler les cinq dernières années à 50% payé 80%.

Par Laura Gerhard

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9 réactions à cet article

Par anonyme | Me connecter




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  1. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 11:47:18- par Anonyme

    bjr,

    je suis agent de l'education national depuis 17 ans et depuis 3 ans c'est une surveillance constante
    par des petits chefs qui surveille le moindre fait et gestes des agents
    ex: heures de pose pris en commun un une salle designer, évité de parlé aux profs,travail verifier bien sur
    quand l'agent n'est pas là ect..........
    je peu vous assuré que c'est un ras le bol complet

  2. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 11:55:24- par Anonyme

    A France Telecom Orange c'est exactement la même chose....malheureusement.

  3. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 12:58:14- par Anonyme

    J'invite tous ces professeurs épuisés à me rejoindre sur mon chantier (en tant que ouvrier ) pour comprendre ce que signifie "un problème musculosquelettique, touchant la nuque (78%), le bas du dos (75%), l’épaule (60%), le genou ou la jambe (54%)"

  4. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 14:01:49- par Anonyme

    Professeur des écoles -qui a choisi ce métier- en situation d'épuisement : responsabilité de 30 élèves en double niveau de cycle différent sans repères ni éducation et se mettant en danger, aucune moyen pédagogique dans une zone très défavorisée : hiérarchie pesante et agressive, collègues sous pression, programme chargé, tous subissant insultes, crachats, heures de travail multiplié par deux à domicile (35 h???) pour tenter de faire de l'enseignement personnalisé adapté aux enfants. Anonyme n° 1 : tous les métiers ont leurs inconvénients et leur dureté : ne serait-il pas souhaitable de ne pas mettre les difficultés des uns et des autres en compétition, de faire preuve d'écoute et de compréhension pour ne pas faire le jeu de ce système qui tend à les professions les unes contre les autres pour en tirer un maximum, au risque de déshumaniser une société ? A toi bon courage. Merci.

  5. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 14:31:12- par Anonyme

    Professeur de Collège depuis 21 ans, j'ai pu constater la dégradation des conditions de travail depuis 2-3 ans. Très attachée à mon métier, je suis entourée de collègues épuisés, perdus dans le labyrinthe des directives successives parfois contradictoires, dont la plupart consomment des antidépresseurs, des anxiolytiques ou des somnifères. Nous aimons notre métier, malgré des élèves qui préfèrent cacher leurs portables sur leurs genoux pour envoyer des sms car ils ne peuvent suivre le cours. Comment leur en vouloir alors qu'une majorité d'entre eux ont d'énormes difficultés de lecture, de compréhension d'un texte par manque de vocabulaire, de capacités d'analyse ou de réflexion et surtout de concentration! Avec 29 élèves par classe, comment individualiser leur suivi? Comment progresser avec de tels effectifs? Il est pourtant si enthousiasmant notre métier lorsque les yeux brillants d'un élève vous remercient de ce nouveau savoir. Mais avec ces nouvelles suppressions de postes envisagées, ce moment ne sera bientôt plus qu'un souvenir...

  6. avatar
    Publiée le 31/01/2012 à 19:47:53- par Anonyme

    Je suis bouleversé par la situation des enseignants. Il serait peut être salutaire de diminuer le nombre d'heures de cours, une semaine de deux jours, et surtout d'augmenter les vacances. Il faut sauver les enseignants, qui attendent avec impatience le retour de leurs bienfaiteurs de gauche

  7. avatar
    Publiée le 01/02/2012 à 09:51:03- par Anonyme

    Je ne travaille pas dans l'Education nationale, mais suis mère de famille, et moi je comprends que ce métier soit dur. Que ceux qui critiquent aillent faire la même chose, si c'est facile ! Je suis convaincue que ceux qui ont la gachette la plus rapide, sont ceux qui se contrefichent de savoir si leurs enfants ont fait leur devoir le soir, ou qui n'iront jamais accompagner une classe en sortie scolaire parce que "trop fatiguant"...

  8. avatar
    Publiée le 01/02/2012 à 09:54:54- par Anonyme

    Vraiment navrée que se poursuive l'ironie sur un corps de métier dont la plupart de nous ignore les difficultés et les responsabilités. CHAQUE CORPS DE METIER a ses difficultés et les exigences économiques et les conditions de travail durcies n'épargnent et n'épargneront personne. Avant de porter un jugement sur les uns ou les autres, ne pourrions-nous pas réfléchir et s'informer un peu sur les réalités quotidiennes et se mettre dans la tête qu'une société dont les membres passent leur temps à s'écharper n'apportera rien de bon aujourd'hui et surtout pour demain ! Mais bon, les problèmes des uns ne sont pas ceux des autres, sans doute.

  9. avatar
    Publiée le 08/02/2012 à 09:53:20- par DANIEL74

    Comment des gens épuisés peuvent-ils transmettre connaissance et savoir ? Supprimer les crédit aux syndicats et aux hommes politiques et laissons les enseignants responsables d'eux mêmes et des enfants dont ils ont la garde. Cela impose respect des uns et des autres et des lourdes sanctions pour ceux qui ne se plient pas aux règlements. Je n'oublierai jamais mes excellents instituteurs et professeurs qui dès l'âge de six ans m'ont enseigné sans me nourrir le corps
    les bases de ma culture et ce, avec sourire et autorité 210 jours:an 40 heures par semaines et, les gens heureux rendent les autres heureux et l'inverse est vrai aussi. Par contre, ministre, recteurs, inspecteurs et emplois fictifs, à quoi servent-ils ? A quoi sert un Directeur s'il n'a aucun pouvoir ? . Au stade d'ignorance et d'illettrisme où nous nous sommes rendu depuis les réformes de 1976 ne peut-on pas faire un essai comme en Entreprise ? Les élèves notent les profs qui ont noté les élèves ? (Les entretiens annuels sont toujours positifs). Le statut public atué le service public !