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Polémique

IVG : pourquoi l’Espagne veut-elle revenir sur ce droit ?

Le 30/07/2012 à 14:47:29
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Le gouvernement espagnol prévoit de réformer la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse, votée en 2010 par les socialistes. Le ministre de la Justice aimerait l’interdiction en cas de malformation du fœtus, ce contre quoi protestent les associations de défense du droit des femmes.

Les Espagnoles sont descendues dans la rue, dimanche, à Madrid, pour protester contre le projet de réforme de la loi sur l’interruption volontaire de grossesse (IVG). Le texte, voté par les socialistes en 2010, n’est pas au goût du nouveau gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, qui a confirmé, vendredi, vouloir le modifier.

La loi actuelle autorise l’avortement jusqu’à 14 semaines de grossesse, et jusqu’à 22 semaines en cas de risque pour la santé et la vie de la mère, ou de grave malformation du fœtus. Dans les cas les plus graves, et sur avis d’un comité d’éthique, les femmes peuvent interrompre leur grossesse sans limite de temps.

Bientôt l’interdiction de l’IVG en cas de malformation ?

Le nouveau gouvernement songerait à revenir sur le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans les cas de malformation. Des propos du ministre de la Justice Alberto Ruiz-Gallardon, allant dans ce sens, ont déclenché une vague de protestations du côté des associations pour le droit des femmes. Dans le quotidien de droite La Razon, il déclarait la semaine dernière : « Je ne comprends pas que l'on empêche un fœtus de vivre en permettant l'avortement, pour le simple fait qu'il souffre de handicap ou de malformation ».

Vendredi, le ministre a appuyé son discours en se référant aux textes de l’ONU et à l’article 10 de la Convention des droits des personnes handicapées, qui plaide pour l’adoption de « toutes les mesures nécessaires pour garantir leurs droits aux personnes handicapées ».

Or, au contraire, « les Nations unies dans toutes les conférences internationales, toutes les agences sanitaires de l'ONU, l'Organisation mondiale de la Santé, le Conseil de l'Europe, disent de ne pas restreindre l'avortement », affirme à l’AFP Santiago Barambio, président de l'association des cliniques spécialisées dans l'IVG, Acai. Celui qui est aussi l'un des pères de la loi de 2010 sur l'avortement, reproche à Gallardon de vouloir tout bonnement interdire l’avortement « dans la droite ligne de l'Irlande, la Pologne ou Malte ». « Ce n'est pas une surprise quand on sait que c'est Gallardon père qui avait contesté la précédente loi de 1985 » autorisant l'avortement en cas de viol, malformation du fœtus ou danger pour la santé de la mère, ajoute-t-il.

81 % des Espagnols contre une réforme de l'IVG

Pour le collectif à l’origine de la manifestation pro-IVG de dimanche, cette réforme « renvoie la législation à une époque proche de la dictature franquiste et éloigne l'Espagne de la plus grande partie de l'Europe en matière de droits des femmes ». Beaucoup craignent que les femmes les plus aisées se rendent à l’étranger pour avorter, et que les autres mettent fin à leur grossesse de manière clandestine, ce qui pourrait les mettre en danger…

Près de 81 % se disent contre l’interdiction de l’IVG en cas de malformation ou de handicap, selon un sondage publié dimanche par le quotidien El Pais. Même parmi ceux ayant voté pour le Parti Populaire (PP, le parti conservateur), seuls 65 % se disent en accord avec cette réforme.

Par Julie Toury

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