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Business

Les petites tactiques de la grande distribution

Le 14/08/2009 à 22:31:06
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L'avis de Jean-Paul Charié, député

Député UMP du Loiret et rapporteur de la LME (Loi de modernisation de l’économie, en vigueur depuis 2008), et président de la CEPC (Commission l’examen despratiques commerciales).

  • «Bientôt une loi»

,Agir individuellement restetrès compliqué. Pour une réelle défense du consommateur, il faut introduire en France les actions de groupe. Elles permettraient aux clients de s’unir pour déposer une plainte collective, ce que le droit français ne reconnaît pas. Mais comme je suis député et donc législateur, je pousse à la roue pour qu’une telle loi voie le jour. ,

  • «Un petit mieux sur les marges arrière»

« Jusqu’à l’entrée en vigueur de la LME en 2008, les centrales d’achat de la grande distribution facturaient aux fournisseurs de soi-disant services rendus, qui pouvaient atteindre 40%, voire 60%, du prix du produit. C’est ce que l’on appelle les marges arrière. Pour s’y retrouver, les fournisseurs ainsi taxés augmentaient leurs prix dans les mêmes proportions. Or, ces services rendus étaient le plus souvent fictifs, c’était de la fausse coopération commerciale, qui entraînait la hausse des prix.
Avec la LME, les marges arrière n’ont pas disparu, mais elles ont évolué. Elles peuvent être répercutées sur le prix de vente aux consommateurs, et d’autre part, une redéfinition des relations entre fournisseurs et distributeurs a permis de faire diminuer la pratique des fausses coopérations commerciales. Néanmoins, comme il est difficile de revenir en arrière, les prix n’ont pas pour autant systématiquement baissé. »

  • «Les aberrations pénalisent le client »

«Beaucoup de gens achètent trop cher en croyant faire une bonne affaire. On trouve ainsi de la viande apparemment bon marché, mais le client ignore qu’on a injecté de l’eau pour que le bifteck soit plus lourd. Vous achetez de l’eau au prix de la viande! Sans compter les offres sur les yaourts, les produits frais et les denrées périssables, vendus en lots à des tarifs a priori intéressants, mais il arrive que 20% ne soient pas consommables. Où est alors l’économie? Autre aberration: les variations de prix sur un même produit en fonction de son packaging (canette, pack de 4, de 8...). Il arrive que la grande surface baisse le prix d’une référence pour attirer le client et majore les autres, alors qu’il s’agit du même produit.»

  • «Les centrales d’achat abusent parfois»

«Certains fournisseurs ne sont pas en position de force pour négocier avec la centrale d’achat d’un grand groupe. Les grandes enseignes ont cependant compris qu’il était temps de retrouver un bon sens économique. Mais certaines entreprises continuent à payer les centrales d’achat pour que leurs produits soient mieux positionnés et ceux de la concurrence moins visibles… Et c’est le consommateur, impuissant, qui paye ces dérives. Quand, au rayon électroménager, un vendeur lui conseille telle ou telle machine à laver, le client ignore le montant de la mégaprime que la grande surface a touchée du fabricant pour faire la publicité à son article.»"

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