Les plus grands flops gaulois
Inspirés par des ingénieurs inventifs, nos gouvernants aiment se lancer dans des projets grandioses... Lesquels finissent parfois en eau de boudin.
L'avion spatial Hermès
Dès 1984, le président François Mitterrand se dit enthousiaste. Il convainc des partenaires européens de s'associer à l'opération, mais c'est la France qui règle la moitié de l'addition et s'impose maître d'œuvre. Hélas pas de chef-d'œuvre... Alors qu'Hermès devait s'envoler au début des années quatre-vingt-dix, le décollage est toujours remis à plus tard. Jusqu'en 1992, où les partenaires européens décident d'arrêter les frais. On les comprend : alors qu'initialement le projet Hermès était estimé à 2 milliards d'euros, il a été multiplié par quatre ! Alors candidat à l'Elysée, Chirac déclare qu'il fera tout pour que le programme reprenne. Heureusement pour nos finances il n'en fera rien. L'astronaute Patrick Baudry, dans son livre « Le Rêve spatial inachevé », écrit que de toute façon, cela ne présentait guère d'intérêt : « Il faut considérer Hermès comme un objet de pur développement technologique, un peu à l'instar du Concorde. Mais d'un point de vue opérationnel, ces appareils ne présentent pas un grand intérêt ».Hermès n'aura volé qu'une fois... dans un film d'animation présenté à la télé pour impressionner les foules. Du projet, il ne reste aujourd'hui qu'une maquette, qui à la fin des comptes a coûté une vraie fortune. Le Concorde Victime du choc pétrolier Hermès, c'est un peu le petit frère que le Concorde aurait pu avoir. Ah, le Concorde, un bel oiseau volant à deux fois la vitesse du son ! Au début des années soixante, le projet est pourtant incertain. Le Premier ministre Georges Pompidou et le ministre des Finances Valéry Giscard d'Estaing mettent en garde le général de Gaulle : les Américains eux-mêmes viennent de renoncer à construire un avion supersonique. C'est le déclic pour le chef de l'État : « Nom de Dieu ! Nous ferons le Concorde ! » Les Anglais s'associent au projet. Présentation officielle en décembre 1967. Après cinq ans de tests, le supersonique obtient son autorisation de vol. Alors que Lindbergh a mis trente-trois heures pour franchir l'Atlantique, le Concorde met Paris à trois heures de New York ! Les commandes affluent.
Mais en 1973, c'est la crise pétrolière. Or le Concorde consomme des tonnes et des tonnes de kérosène. Les commandes sont annulées. Seuls Air France et British Airways exploiteront le Concorde, ou plutôt le Concorde exploitera ces deux compagnies, car amortir financièrement un tel appareil s'avère mission impossible... Suite au crash d'un Concorde le 25 juillet 2000 à Roissy, qui fait 113 morts, Français et Anglais décident d'arrêter les frais. Mais lors du dernier vol en octobre 2003, les places se vendent à prix d'or. Un milliardaire dépense 60 000 e pour les deux derniers billets ! Un vrai enterrement de première classe pour l'oiseau.
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