Les sondages et estimations : comment ça marche
A chaque élection, à 20 heures pile, le visage du nouveau Président de la République française s'affiche sur le petit écran. Bien avant le dépouillement de tous les bulletins de vote. Contrairement aux sondages, les instituts ne se trompent jamais sur cette estimation. Mais comment font-ils?
Le questionnaire
C'est un vrai casse-tête et c'est pourtant l'un des points clés. Sa qualité conditionne largement la pertinence des résultats. Pour obtenir un état de l'opinion assez proche de la réalité, les instituts doivent trouver les questions les plus précises et les moins ambiguës possibles. Une question mal posée peut en effet influencer les réponses.
Les enquêtes
Aujourd'hui, la majorité des enquêtes sont réalisées par téléphone. Cette technique s'est rapidement développée ces dernières années au détriment du «face à face». Les difficultés d'accès aux habitations (digicodes, problèmes de sécurité) et la généralisation du téléphone expliquent cette évolution.
La correction des erreurs
Difficile d'avoir les idées claires lorsqu'un institut vous appelle le soir vers 19 heures! Difficile aussi de donner des réponses toujours pertinentes quand le questionnaire s'éternise. Résultat, on répond parfois (souvent?) un peu n'importe quoi.
Pour tenir compte de ces aléas, les instituts s'appuient sur des calculs d'erreurs, une méthode utilisée depuis longtemps en statistiques. Par conséquent, lorsqu'un sondage donne 49% pour un candidat et 51% pour un autre... ça ne veut rien dire.
Intention et «vote réel»
Dans le premier cas, il s'agit des résultats donnés par des enquêtes réalisées plusieurs mois avant l'échéance. Dans le second cas, il s'agit d'informations plus précises car elles sont issues de sondages menés jusqu'à la dernière limite autorisée c'est-à-dire la veille du scrutin.
«Le nouveau président de la République est...»
Dimanche soir, 20 heures. Les derniers électeurs viennent de déposer leur bulletin de vote dans l'urne. Les chaînes de télévision proposent déjà leurs premières estimations. Elles se fondent sur des sondages menés par des enquêteurs dans des bureaux de vote «représentatifs» d'un point de vue politique, géographique et sociologique.
Les plus beaux «plantages»
- Les sondages n'avaient pas repéré la brusque chute de Valéry Giscard d'Estaing avant le premier tour en 1981.
- Ils ont aussi estimé pendant un certain temps que Balladur serait gagnant en 1995.
- Mais leur plus bel échec remonte à 2002. Ils n'avaient pas anticipé la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour.
Pour se dédouaner, les instituts rappellent «qu'un sondage n'est pas une prédiction»...
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