Pigeons : qui se cachent derrière ce mouvement d’entrepreneurs ?
Mais qui sont donc ces pigeons qui ont fait reculer le gouvernement français en cinq jours sur l’une des principales dispositions du budget, la taxation des plus-values dégagées lors des cessions d’entreprises via l’impôt sur le revenu ?
Tout démarre à San Francisco, par un simple post indigné de Carlos Diaz sur sa page Facebook le 28 septembre. Le jeune étudiant en littérature et civilisation à Limoges a fait beaucoup de chemin en 15 ans, et pris l’option 2.0 et web pour construire sa fortune.
Fondateur de Blue Kiwi, un éditeur de logiciel de réseau social d’entreprise, il a revendu son entreprise à Atos. La presse spécialisée croit savoir que le montant de la transaction aurait approché les 20 millions d’euros. Ce qui peut expliquer sa sensibilité au sujet des plus-values…
Un post sur Facebook, quelques commentaires et la machine s’emballe
Depuis San Francisco où le jeune entrepreneur s’est exilé, Carlos Diaz ne rate rien de ce que prépare le gouvernement français en matière de fiscalité. Dans son post sur Facebook, il donne quelques « exemples déments » des projets fiscaux de Bercy, l’air de rien, sans plus de commentaires. Car il s’en doute : ses « friends » « serial entrepreneurs » comme il se définit lui-même ne vont pas tarder à réagir.
Fabien Cohen, fondateur toute jeune entreprise Whoozer au slogan « Be spontaneous » qui développe des applications iPhone basées sur le réseau social de proximité, dégaine le premier : «c'est ridicule... en fait je n'arrive pas a y croire, si c'est vraiment le cas, il faut créer un putain de mouvement protestataire, genre les indignés».
Et c’est parti. Il est un peu plus de 22H00 . Les copains de Carlos Diaz y vont de leurs propres commentaires.
Une demi-heure de discussion sur Facebook plus tard, les Pigeons sont nés
Tour à tour, les contacts de Carlos Diaz s’expriment. Hervé Bourdon, qui dirige Ommerce, une structure d’investissement et de conseils dans l’e-business basée dans la région marseillaise, avoue sa tristesse.
Ouriel Ohayon, co-fondateur de Appsfire, un guide des meilleures applications disponibles sur iPhone, est assassin : «Non c’est un vrai projet de loi bien débile comme on en fait en France ».
Fabien Cohen cogite et trouve l’idée de com efficace : « faut trouver un nom super cool pour notre mouvement, qu'est-ce que vous pensez des "pigeons ».
Rien de plus simple que de créer une page sur Facebook et quelques minutes plus tard, le réseau social voit apparaître : « Les pigeons : mouvement de défense des entrepreneurs français », une page qui a plus de 53 000 fans aujourd'hui
La bande d’amis n’est aujourd’hui pas peu fière du remue-ménage qu’elle a provoqué. Fleur Pellerin, la ministre déléguée aux PME, à l’Innovation et à l’Économie numérique, s’est même fendue d’une tribune dans Libération du 4 octobre sous la forme d’un « je vous ai compris ».
Taquin, Carlos Diaz a publié aujourd’hui sur son mur Facebook une image des pigeons lui souhaitant bonne fête : le 5 octobre est en effet le jour où on fête les fleurs… C’est en tout cas une bonne pub pour le jeune entrepreneur qui s’est lancé depuis l’été 2011 dans une nouvelle aventure, avec Kwarter, une entreprise qui rêve de marier télé et réseau social.

NB : pour les non-d'jeun's, GEONPI est le verlan de PIGEON
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