Recherche scientifique: le temps des tricheurs
Les cas avérés de fraudes scientifiques ne cessent de se multiplier depuis le siècle dernier. En cause: la course aux financements.
Le phénomène n'est pas nouveau. Mais il s'accélère.
En 1923, le prix Nobel de Physique, Robert Millikan, est pris en flagrant délit de trucage: pour déterminer la charge de l'électron, il avait fait le tri entre «bonnes» et «mauvaises» données.
Depuis, tous les dix ans environ, éclate une affaire de ce type. Jusqu'à cette dernière décennie: 2005 et 2006. Deux scandales défrayent la chronique scientifique.
« Dans ce domaine, la fraude est plus un phénomène de dérapage, qu'une envie volontaire de tromper le monde de la recherche, explique Martine Bungener, directrice de la délégation à l'intégrité de l'INSERM. Le problème, c'est qu'il est très difficile de tricher, surtout dans le domaine de la biologie, et que le fraudeur finit toujours par être démasqué .»
Car la mondialisation galopante a changé la donne. Aujourd'hui, une découverte n'est plus l'affaire d'une seule personne, mais de plusieurs équipes à travers le monde.
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