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Mystère

Superstitieux, un job à plein temps

Le 31/08/2009 à 00:00:00
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Personnellement, je ne suis pas superstitieuse parce que ça porte malheur. Et puis, c'est tout de même très compliqué de chasser le mauvais œil... Tour du monde des pratiques les plus alambiquées.

Psychose ? La faculté a tendance à considérer que les quidams over-superstitieux sont en vérité victimes d'une pathologie mentale. Le fait de prêter à des objets anodins ou des événements sans intérêt des pouvoirs surnaturels ou des forces cachées relève de la paranoïa ou de la psychose. Le superstitieux pathologique, au contraire de l'adepte de la superstition populaire (ne pas passer sous une échelle, ne pas croiser les couverts...), va se lancer des défis sans arrêt et compter les feuilles d'une plante, décidant que si elles sont paires (ou impaires), un grand malheur en résultera. Au mieux, c'est un trouble obsessionnel compulsif (TOC), au pire une affection bipolaire.

Touchez ma bosse, monseigneur ! Les jeunes Moscovites ne dérogent jamais à la tradition : à la veille des examens, ils foncent à la station de métro « Place de la Révolution » afin d'aller flatter la truffe du berger allemand du garde-frontière. Il s'agit heureusement d'une sculpture, et à l'image de l'entrejambe de la statue de Victoir Noir au Père Lachaise, supposé favoriser la fertilité des femmes, la truffe du chien porte la marque bien polie de toutes ces attentions intéressées. L'étudiant russe est une mine à superstitions. Il n'oublie jamais de fermer son classeur, de peur que la science s'enfuît et la nuit venue, pour que celle-ci lui infuse les neurones, il cache ses livres sous l'oreiller. Il ne se lave pas les cheveux avant les examens, ce qui, à l'oral, lui assurera une présentation des plus coquettes. Plus précisément, il ne faut pas se laver une moitié de la tête, la gauche pour les scientifiques, la droite pour les littéraires. Enfin, la pièce de 5 kopeks dans l'une de ses chaussures est un gage de chance et de... boiterie.

Le moral dans les chaussettes Le bas de laine, de coton ou de nylon a de beaux jours devant lui. Et s'accommode à diverses sauces. Porter des vieilles chaussettes de couleurs différentes protège des maléfices. Ce qui vaut bien quelques moqueries et une grande solitude. Moins risqué socialement, suspendre ses chaussettes au pied de son lit protège des cauchemars. Une option plus déco consiste à acquérir un « attrapeur de rêves » (dreamcatcher) indien et l'accrocher à la tringle à rideaux. Enfin, pour être sûr d'éviter une journée de merde, il faut enfiler partiellement sa première chaussette ou son bas avant d'enfiler la ou le second. Tout cela, évidemment, sans se lever du pied gauche.

Casual friday Porter une chemise blanche le vendredi porterait malheur. Si ça se trouve, c'est à cause de cela que les Américains ont lancé leur « casual friday ». Mais tous les jours et toutes les heures de la semaine ont leur spécificité, donc mieux vaut être vigilant. Par exemple, perdre ses gants le mercredi porte malheur. Au Japon, il est hors de question de chausser des socques ou des sandales neuves à 17 h, au risque de rendre les esprits jaloux. Et un esprit jaloux, c'est dangereux. Enfin, quel que soit le jour de la semaine, si au moment de se chausser on éternue, il faut cracher illico (dans le soulier ?), sinon, c'est malheur et compagnie.

Il suffit d'y penser Vous ne savez pas nager ? Vous partez en bateau ? Pas de souci : si vous enfilez vos bras dans votre pull avant la tête, la protection contre la noyade sera assurée. Autre pense-pas-bête, toujours chausser en priorité le pied droit. Si, en chemin, on croise une chenille, faire comme nos voisins anglais, la saisir et la jeter par-dessus son épaule gauche, c'est un porte-bonheur. Et pour avoir de la chance au jeu, il faut cracher (le plus discrètement possible, ce qui n'est pas gagné) sous sa chaise. Grâce à quoi les casinos sont toujours gagnants !

Par La rédaction

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