Taxes, embouteillages, radars : faut-il encore posséder une voiture ?
Les voitures dans le collimateur des Français et de leur politique ? Il faut dire que le coût d'entretien ne cesse d'augmenter.
A une époque, pas si lointaine, les Français adulaient leur voiture. On lui donnait un petit nom et on la bichonnait. Posséder une belle et rutilante automobile était un signe de réussite. Cette époque est révolue ! Si les Français restent très attachés à leur chère voiture, c'est plus par nécessité que par plaisir. Accusée de tous les maux, notamment de la pollution, elle est la cible des hommes politiques qui mettent en place tout un arsenal de contraintes. Aujourd'hui tout est fait pour dissuader les citoyens de prendre leur véhicule. « Il y a une montée en puissance du sentiment « autophobe », on culpabilise les automobilistes. On leurs met des contraintes volontaires pensées par des hommes politiques pour nous décourager de l'utiliser » constate Laurent Hecquet, délégué général de l'association 40 millions d'automobilistes, interrogé par Le Meilleur. En effet, les bâtons dans les roues ne manquent pas. Les taxes tout d'abord.
Les taxes sur les carburants pèsent lourds dans le budget de l'automobiliste. Sur 16 € dépensés pour une voiture essence, il n'y a qu'un euro qui soit consacré au carburant avant taxes. Josiane Gorgibus, la déléguée générale de la Fédération française des automobiles-clubs (FFAC) nous précise que «l'ensemble des taxes sur la possession et l'usage des véhicules rapportent 52 milliards d'euros à l'Etat». Soit un montant proche du produit de l'impôt sur le revenu perçu en 2005 (56, 5 milliards). Et c'est l'usage qui est le plus taxé. En effet, la possession (achat + frais financiers + garage) d'un véhicule essence (Clio III essence) est taxée à 21, 3 %, l'usage (assurance, carburant, entretien péage) l'est en moyenne à 77, 1 % ! Aux dépenses d'achat et de carburant, il faut ajouter d'autres frais (voir notre encadré) : entretien, assurance, stationnement, contrôle technique... Sans oublier le budget contravention ! Plane également sur les 34 millions d'automobilistes l'ombre menaçante des radars. Nous sommes tous menacés par la sanction car les infractions les plus sanctionnées sont les petits excès de vitesse inférieurs à 20 km/h au-dessus de la limite autorisée et qui n'augmentent pas forcément le risque d'accident. « J'ai eu un point de moins et 90 € d'amende pour une vitesse retenue de 53 km/h au lieu de 50 km/h», déplore une mère de famille qui roulait sur un axe dégagé. «Stationnement, excès de vitesse, un automobiliste parisien peut avoir certains mois jusqu'à vingt contraventions», explique un avocat spécialisé dans la contestation des PV.
Des automobilistes qui, outre le poids financier des contraventions, subissent également le harcèlement des huissiers. La politique de sécurité routière est tellement répressive, que les conducteurs ont le sentiment que l'on veut les piéger. Et c'est un véritable business qui s'est structuré autour du permis à points notamment avec le stage. Pour récupérer quatre points, le stage coûte non seulement de l'argent (entre 170 et 280 euros) mais aussi du temps (2 jours). Autre contrainte. Pour lutter contre la pollution, le bruit et les difficultés de circulation dans la capitale, voici que Dominique de Villepin propose la mise en place d'un péage urbain. Les automobilistes devront payer pour rentrer dans la capitale. « Si vraiment l'Etat veut faire quelque chose pour l'environnement, qu'il sorte de la circulation toutes les voitures immatriculées avant 1996 ! Qu'on arrête la démagogie », réagit Laurent Hecquet face aux déclarations du Premier ministre. Mais comme pour endiguer le problème du tabagisme passif, l'Etat ne choisit pas la solution qui serait la plus simple : interdire purement et simplement la vente de tabac. Le montant des taxes encaissées n'y est évidemment pas étranger! Les automobilistes n'en peuvent plus de se faire tirer dessus, pressés de toute part comme des citrons. Ils en ont marre de payer, payer, payer, d'être la vache à lait de l'Etat aussi bien à l'achat du véhicule que dans son usage au quotidien. Face à toutes ces contraintes et ces taxes, l'achat d'une voiture n'est pas toujours la solution idéale. Nous avons fait le calcul (voir page 5), et d'autres issues peuvent être envisagées selon la localisation et les besoins des citoyens. Mais la voiture reste la solution la plus intéressante si l'offre de transport en commun de proximité n'est pas satisfaisante. Ainsi, la location courte durée vaut le coup si vous habitez et travaillez dans une grande agglomération comme Paris. Si vous louez uniquement pour partir en vacances, votre budget sera dans tous les cas moins important que si vous possédiez une voiture. Surtout si vous devez payer un garage (80 à 150 euros par mois).
La location longue durée peut également être une alternative. Bien que ce ne soit pas une option encore entrée dans les moeurs, «on sent un frémissement dans l'esprit des Français moins attachés à la possession», constate Josiane Gorgibus déléguée générale de la FFAC. Il y a pourtant de nombreux avantages. L'automobiliste ne paye que l'usage de la voiture et non la possession et peut prendre une motorisation plus puissante que s'il avait dû l'acheter avec ses propres deniers et la souscription d'un crédit. Enfin, ils ne sont pas confrontés au problème de la revente. Certaines offres proposent un forfait complet qui comprend l'entretien, l'assurance et un kilométrage annuel. Tout ça dans une même mensualité. Très pratique pour les personnes qui ont du mal à gérer un budget. Mais ces offres restent peu utilisées même si elles se développent et que les loueurs proposent des locations de plus en plus intéressantes.Combien vous coûte votre « chère » voiture ? Vous êtes l’heureux propriétaire d’une Peugeot 307 diesel neuve. Vous avez parcouru en 2005 environ 20 000 km. Voici poste par poste ce que vous avez dépensé en moyenne pour l’année 2005. Achat moins reprise : 2 850 €
Frais financiers : 271 €
Assurance : 673 €
Carburant : 1 241 €
Entretien : 1 481 €
Garage du véhicule : 489 €
Péages : 257 €
Total : 7 262 €
Source : Fédération française des automobiles-clubs (FFAC)
La location courte durée Parisiens, Bordelais, il peut être plus intéressant pour les habitants des grandes agglomérations de recourir à la location courte durée. Vous habitez et vous travaillez dans une grande ville où l’offre de transport en commun vous permet de vous rendre au bureau et de vous déplacer dans vos trajets quotidiens. Vous partez trois semaines en été et deux semaines en hiver et profitez de quelques week-ends pour partir.
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