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Témoignage

Travailler à l'étranger : le bon plan ?

Le 25/01/2010 à 12:09:00
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Chef boulanger au Daylesford Organic Farm Shop (Royaume-Uni) depuis septembre 2008, Eric Duhamel n’est pas à sa première expérience à l’étranger. Il a déjà exercé son métier en Australie près de deux ans. Il nous livre son expérience.

Pourquoi être parti à l’étranger pour exercer votre métier ?
Eric Duhamel, boulanger : Je pensais partir à l’étranger depuis très longtemps. Au départ je ne me destinais pas forcément à y vivre, je voulais avant tout découvrir ce qu’il y avait ailleurs.D’autre part, intéressé par la production biologique de qualité, je n’ai pas pu exercer comme je l’entendais mon métier en France. Je me suis mariée avec une femme qui avait les mêmes envies que moi ce qui a facilité les choses.
La barrière de la langue n’a pas été difficile à franchir ?
Eric Duhamel : Il est sûr que de pratiquer la langue auparavant est un avantage certain pour la vie quotidienne bien sûr mais aussi pour les démarches d'immigration Comment vivre dans un pays dont on ne parle pas la langue ? On se retrouver très vite limité et handicapé.Ayant un niveau d'anglais scolaire, j'ai pris des cours auprès de la CCI.
Avez-vous bien été perçu ?
Eric Duhamel : Au départ nous avons plus ou moins été un sujet de curiosité, mais nous avons toujours été bien accueillis. Une chose amusante que nous avons remarquée à plusieurs reprise en Australie c’est que, lorsque l'on est Français, on a tout de suite un potentiel de séduction plus élevé que la moyenne. Le plus drôle est de voir l'attitude des gens changer lorsqu'ils perçoivent notre accent.
Gagnez-vous plus aujourd’hui au Royaume-Uni que si vous étiez resté en France ?
Eric Duhamel : Oui, je gagne plus qu'en France. Mais il ne faut pas négliger le coût de la vie. Il faut considérer la couverture sociale, l'assurance retraite, les coûts des transports lorsque l'on rentre au pays, les frais de change… Pour un ordre d'idée, malgré la dégringolade de la Livre Sterling, je gagne environ deux fois ce qu'un chef boulanger gagnerait en France. Attention, cela n'est pas toujours vrai. Il existe des places de boulanger à l'étranger qui sont payées au même niveau voire moins qu'en France. Tout dépend du pays, de l'endroit et donc du marché, de l'entreprise et du niveau de qualification. Mais le gain n'est pas que financier, on gagne une expérience de vie. Nos enfants sont bilingues et ont découvert d'autres cultures. Tout ce que nous avons vécu, vu, entendu, senti, goûté, ça n'a pas de prix.

Pensez-vous ouvrir votre propre boulangerie ?

Eric Duhamel : Je ne me sens pas l'âme d'un entrepreneur. La gestion d'entreprise, ce n'est pas ma tasse de thé. Moi, ce que j'aime c'est créer, apprendre, améliorer mes recettes. J'ai une relative liberté dans ce domaine et je produis un pain dont je suis fier. Je travaille avec desingrédients biologiques, la majorité de ma production est au levain naturel. Je n'utilise aucun additif, auxiliaire ou adjuvant. Et cette année, l'un de nos pains a été élu meilleur pain bio du pays par Soil Association en partenariat avec The Times. Cela me convient assez pour l’instant pour ne pas avoir envie de créer ma propre affaire.

Par La rédaction

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