masquer
Justice

Versailles : un ancien directeur de prison jugé pour un amour interdit

Le 15/02/2012 à 16:45:39 - mis à jour le 15/02/2012 à 21:21:35
Vues : 932 fois JE REAGIS

L’ancien directeur de la prison de Versailles, Florent Gonçalves, risque aujourd'hui trois ans de prison pour avoir entretenu une relation amoureuse avec Emma S., une ex-détenue de 23 ans connue pour avoir été «l’appât» du «gang des barbares» dans le meurtre en 2006 d’Ilan Halimi. Il lui avait également transmis illégalement des puces téléphoniques pour communiquer avec elle.

Dernière minute : l'ex-directeur de la prison de Versailles a été condamné à deux ans de prison dont un an ferme, pour avoir entretenu une liaison interdite avec Emma Arbabzadeh, qui a elle été condamnée à un an de prison, dont huit mois avec sursis. Le surveillant de la prison est lui condamné à 18 mois de prison dont 9 mois ferme.

C’est l’histoire d’un amour interdit par la morale qui a fait franchir à ses protagonistes les limites de la légalité. Florent Gonçalves, 42 ans, ancien directeur exemplaire de la prison de Versailles, a entretenu une liaison avec Emma S., « l’appât » du « gang des barbares » qui avait attiré Ilan Halimi en janvier 2006 à Sceaux dans un piège mortel. Enlevé, séquestré et torturé pour obtenir une rançon de sa famille, le jeune juif avait finalement été tué par le chef du gang, Youssouf Fofana. Ce mercredi, les deux anciens amants se retrouvent au tribunal correctionnel de Versailles. Florent Gonçalves risque trois ans de prison pour avoir entretenu une correspondance avec une détenue et lui avoir remis des puces téléphoniques, Emma est quant à elle poursuivie pour recel.

Leur histoire a débuté en 2007 au moment où « l’appât » entamait une peine de prison de neuf ans pour son implication dans le meurtre d’Ilan Halimi. Deux ans plus tard, elle annonce au directeur qu’elle est amoureuse de lui. Leur relation est lancée et s’entretient au moyen de lettres, SMS et messages Facebook. Pour faciliter leur communication, Florent Gonçalves lui prête une puce téléphonique. Cet amour carcéral est d’autant plus excitant que le quadragénaire a une compagne et une petite fille. Il sera malgré tout, avec seulement deux relations sexuelles avouées au compteur, très platonique.

Une « relation improbable mais tout à fait sincère »

Interviewé dimanche pour l’émission Sept à huit sur TF1, le directeur de prison est revenu sur cette relation, qu’il décrit comme « improbable mais tout à fait sincère ». Il estime par ailleurs qu’il n’a jamais été manipulé par la détenue qui était pourtant reconnue comme une experte en la matière.

Cette aventure carcérale révélée aux yeux de tous début 2011 lui a tout fait perdre : sa compagne, son travail (il a été révoqué de l’administration pénitentiaire en juin) et bientôt peut-être sa liberté. Bien que conscient de l’illégalité de ces actes, il avoue dans son livre Défense d’aimer (éditions Presses de la Cité) ne rien regretter, mais l’amertume domine. La jeune femme a été libérée en conditionnelle en septembre 2011. Ils se sont revus depuis, loin des cellules versaillaises, mais la magie avait disparu. Florent Gonçalves, aujourd'hui sans emploi, écrit à ce sujet : « en l'espace d'une poignée d'heures, j'ai réalisé que ma vie entière avait basculé pour un rêve, que j'avais attendu sept mois pour m'apercevoir que nous n'avions pas d'avenir ».

Par Adrien Guiset

Réagir à cet article

Par anonyme | Me connecter




générer une nouvelle image