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Job de rêve

Profession: nègre, dans l'ombre des grands

Le 22/11/2010 à 16:05:01
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Ils ont une plume qu’ils mettent au service des autres car leur métier, c’est d’écrire. La profession les appelle «nègres», des machines à raconter qui s’exposent en demi-teinte.

En France, on les appelle les nègres en référence aux esclaves corvéables à merci. Dans les pays anglo-saxons, ils sont les ghost writers, les «écrivains fantômes». Leur job? Ecrire les livres des autres. Ils ont longtemps oeuvré dans l’ombre, mais en 1987, sur le plateau d’ Apostrophes, Bernard Pivot a donné le nom du nègre de Paul-Loup Sulitzer, Loup Durand. Depuis, la transparence gagne. «De plus en plus d’ouvrages écrits à 4 mains ou totalement rédigés par des nègres sont signés de l’auteur et du co-auteur, explique Françoise Delivet-Guerand, éditrice chez Robert Laffont. La décision de rendre publique la signature du nègre appartient à l’auteur officiel, c’est une discussion à 3. Mais il y a des nègres qui refusent de travailler s’ils ne sont pas cités.» Quand leur nom apparaît dans les livres des autres, c’est en page de garde avec la mention «avec la collaboration de…».
Côté finances, il y a 2 options, soit le nègre est crédité comme co-auteur et perçoit des avaloirs sur droit et est intéressé aux ventes, soit il encaisse un forfait de 7.000 à 30.000 , ou plus! Si, dans la plupart des cas, les relations entre nègre et auteur se passent bien, il existe des situations cocasses. Ainsi l’écrivain Dan Franck s’est retrouvé sur un plateau de télévision, pour un de ses romans, en présence d’un auteur pour qui il avait écrit: ce dernier se vantait des grands efforts qu’il avait fournis pour aligner sa prose!

Par Alexandra da Rocha

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