Le t-shirt d’un invité crée un malaise au Grand Journal
Le journaliste Nadir Dendoune, invité du Grand Journal lundi soir, ne pensait pas que son t-shirt estampillé « Palestine » créerait autant de remous. Le réalisateur de l’émission a préféré feinter pour le cacher aux téléspectateurs.
Les prochains invités de Michel Denisot et Daphné Burki doivent être prévenus : interdiction de se pointer sur le plateau du Grand Journal avec un t-shirt portant le nom d’un pays. Plus précisément d’un pays en proie à des tensions politiques. Le journaliste indépendant et aventurier Nadir Dendoune, invité de l’émission de Canal + lundi soir pour parler du décès des six français dans l’Himalaya, a rapidement senti le malaise provoqué par sa tenue vestimentaire. Son t-shirt estampillé « Palestine » n’était pas du goût du réalisateur qui a cherché, par tous les moyens, de le dissimuler aux téléspectateurs.
« Une fois la publicité lancée, deux assistants se ruent à mes côtés paniqués. La première : "Tenez, mettez cette veste". Une fois la veste sur moi, son collègue se rend compte : "Ça ne sert à rien, on verra toujours le t-shirt. En plus, ça ne sera pas raccord avec le début de l’émission". Ils repartent en stress », raconte l’intéressé sur le site du Nouvel Obs.
Une fois chez lui, Nadir Dendoune regarde l’émission en replay et s’aperçoit que le cadreur n’a fait, sur lui, que des plans serrés alors que les autres invités présents ont été filmés en plan large.
« Palestine » ou « I love New York », quelle différence ?
Le journaliste ne comprend pas pourquoi son t-shirt a autant effrayé la chaîne. C’était « un t-shirt avec écrit dessus le mot Palestine, pas un T-shirt appelant au "terrorisme". Un t-shirt Palestine, comme on porte un t-shirt "I love New-York", Rome ou Paris. Même pas un t-shirt Nike ou Adidas. Même pas un t-shirt "free Palestine", ou "Boycott Israël". Juste un t-shirt noir avec écrit dessus le mot Palestine… », tente-t-il d’expliquer.
Selon Nicolas Escoulan, le rédacteur en chef du Grand Journal, ce n’était pas tant le mot « Palestine » qui dérangeait, mais l’inscription en arabe, juste en dessous. « Or, je ne comprends pas l’arabe, explique-t-il sur le même site. Vous comme moi, on sait que la question palestinienne est délicate. L’inscription en arabe peut aller dans un sens ou dans un autre ».
Une histoire de chiffons qui remue tout de même la question de la liberté d’expression à la télévision.
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