Agents armés, fouilles : les nouvelles mesures de sécurité de la SNCF

Afin d'assurer la sécurité des voyageurs dans les trains, la SNCF a annoncé plusieurs mesures visant à contrer la menace terroriste le plus efficacement possible. La présence d'agents armés et en civil dans les trains fait partie de ce nouveau dispositif, qui sera effectif pour l'Euro 2016.

0
1636
Agents armés, fouilles, caméras intelligentes : les nouvelles mesures de sécurité de la SNCF ©ShutterStock

« On ne prendra plus le train de la même façon ». Invité du Grand Rendez-Vous d’Europe 1/iTélé/Le Monde ce dimanche 3 avril, Guillaume Pepy, président de la SNCF, a détaillé les nouvelles mesures de sécurité prévues par l’entreprise ferroviaire qui viseront à déjouer les projets d’attentats dans les trains et les gares. L’attentat manqué du Thalys, survenu en août dernier, est venu confirmer la menace terroriste qui pèse sur les voyageurs des trains. Les nouveaux dispositifs de sécurité sont permis par la nouvelle loi Savary, qui prévoit, entre autres, de lutter contre les incivilités et les atteintes à la sécurité publique.

Des agents armés et en civil pourront patrouiller dans les trains

La surveillance ferroviaire ne se concentrera plus sur les quais et les entrées des trains. Maintenant, les contrôles et les patrouilles s’effectueront dans les trains aussi. L’une des principales mesures prévues par la SNCF est de déployer plusieurs agents de sûreté armés dans les trains. Auparavant, le port de l’arme par les agents était autorisé seulement s’ils portaient l’uniforme. Désormais, les 3 000 agents de sûreté pourront faire usage de leur arme même s’ils sont en civil. Selon Guillaume Pepy, ces patrouilleurs seront « habilité[s], entraîné[s] à tirer ».

Les 40 000 caméras de la SNCF seront modernisées

Toutefois, Guillaume Pepy l’admet : « On ne peut pas contrôler tout le monde ». C’est là que les caméras peuvent jouer un rôle pour épauler l’action des agents de sûreté. Les 40 000 caméras déjà installées seront modernisées et deviendront intelligentes : elles pourraient notamment repérer des mouvements suspects émis par des voyageurs. Les images recueillies pourront être suivies en direct par des centres de contrôle, comme l’ont demandé plusieurs élus.

Les fouilles des bagages seront autorisées

Comme dans les aéroports, les bagages des voyageurs pourront être fouillés. Viendront aussi s’ajouter des palpations de sécurité. Une trentaine de chiens renifleurs compléteront ces vérifications dans les gares.

Les portiques de sécurité installés dans certaines gares seront habilités à détecter la présence d’explosifs ou d’armes. Guillaume Pepy a également tenu à préciser que les portiques de sécurité installés aux abords des trains Thalys seront maintenus, contrairement à ce qui a pu être affirmé.

Des mesures permises par la loi Savary

Entrée en vigueur il y a quelques jours, la loi Savary « relative à la prévention et à la lutte contre les incivilités, contre les atteintes à la sécurité publique et contre les actes terroristes dans les transports collectifs de voyageurs » vient approuver les nouvelles mesures prises par la SNCF. En plus de cibler les fraudeurs de manière plus radicale (des peines de prison et des amendes attendent les multirécidivistes, ceux qui refuseraient de décliner leur identité à un contrôleur, qui décideraient de fuir ou qui avertiraient de la présence de contrôleurs sur les réseaux sociaux), la loi autorise également la SNCF à réaliser des enquêtes administratives internes en cas de suspicion de radicalisation. Guillaume Pepy assure qu’au moindre doute sur la dangerosité probable d’un employé, ce dernier sera écarté de l’entreprise.

La SNCF tient donc à rassurer les voyageurs qui empruntent ses trains, surtout à l’approche de l’Euro 2016, événement international qui requiert un encadrement plus qu’efficace. Par ailleurs, Guillaume Pepy promet que le coût de ces nouveaux dispositifs ne sera pas imposé aux clients.

Lire aussi : Les portiques de sécurité bientôt testés dans une gare SNCF 

Noémie Koskas