Agriculture : le mélange de deux techniques pour de meilleurs résultats

Deux groupes de chercheurs ont mis en avant les qualités de l'agriculture traditionnelle et l'agriculture biologique. A terme, ils espèrent que les deux techniques se mélangeront pour obtenir de meilleurs résultats.

0
2377
Agriculture : le mélange de deux techniques pour de meilleurs résultats ©ThinkStock

Afin de réduire l’impact écologique des cultures agricoles, tout en gardant un bon rendement, des chercheurs américains et canadiens proposent une solution inédite : le savant mélange de l’agriculture biologique et de celle traditionnelle.

La proposition a été publiée par la revue britannique Nature. Les deux groupes de chercheurs, de l’université Mc Gill Montréal et l’université du Minnesota, ont mis en avant les avantages des deux façons de cultiver. Si l’agriculture biologique est meilleur pour l’environnement, elle est moins productive, et donc moins rentable, que l’agriculture conventionnelle.

Ces conclusions sont surtout vraies pour les cultures céréalières biologiques, qui ont un rendement jusqu’à 34% inférieur aux traditionnelles. L’écart est en revanche moins grand lorsqu’il s’agit de cultures de fruits, légumes ou oléagineux. Dans ces cas, les récoltes ne sont inférieures « que » de 25%, voire 13% si les conditions sont idéales, « mais ce n’est souvent pas le cas », déplorent les chercheurs.

Le mélange des cultures

« On peut vraiment créer un système alimentaire durable en combinant les pratiques biologique et conventionnelle, afin de maximiser la production alimentaire en réduisant l’impact environnemental », explique Jonathan Foley, de l’université du Minnesota.

« Pour parvenir à une sécurité alimentaire durable, il faudrait sans doute utiliser les différentes techniques – conventionnelle, organique, voire hybride- pour produire plus de nourriture à des prix accessibles, assurer le revenu des agriculteurs et réduire les coûts environnementaux », ajoute-t-il.

Il suffirait donc d’adapter les pratiques selon les produits cultivés. Pour se faire, les chercheurs ont imaginé un juste mélange entre l’agriculture biologique et l’agriculture conventionnelle. La première pourrait utiliser l’azote chimique, en plus du fumier, pour augmenter son rendement. Quant à la seconde, elle pourrait s’adapter aux pratiques montrant des bénéfices pour l’environnement, comme par exemple augmenter la variété des produits cultivés par un même agriculteur, ou encore utiliser les résidus de cultures.

A voir si la théorie inspire maintenant les pratiques.

Mathilde Bourge