Air Canada : 16 blessés à cause d’un pilote « à l’ouest »

En janvier 2011, seize personnes ont été blessées au cours d’un vol Toronto-Zurich. La thèse de l’erreur humaine est aujourd’hui évoquée.

0
2230

Y’a-t-il un pilote dans l’avion ? C’est ce qu’ont dû se demander les passagers d’un vol d’Air Canada, reliant Toronto à Zürich, le 13 janvier 2011. Seize d’entre eux ont été blessés suite à la chute soudaine de l’appareil. Un rapport, publié hier par le bureau de la sécurité de transports du Canada, dénonce une erreur humaine.

A l’époque des faits, Isabelle Kinoblauch, manager générale d’Air Canada en Suisse, avait expliqué que ces seize personnes n’avaient pas attaché leur ceinture, alors que l’avion traversait une zone de turbulences. La vérité serait toute autre.

Une inertie du sommeil

Certes, les quatorze passagers et deux membres de l’équipage blessés dans la nuit du 13 janvier 2011 n’étaient pas attachés, mais la brusque plongée de 400 pieds (soit 120 mètres) de l’appareil n’était pas due à la traversée d’une zone de turbulences – qui a effectivement eu lieu – mais bel et bien à la maladresse du pilote de l’avion. Ce dernier, qui avait placé l’appareil sous pilote automatique le temps de se reposer, s’est réveillé brutalement et a mal évalué plusieurs données. Tout d’abord, il a pensé voir au loin un autre avion, alors qu’il s’agissait en réalité de la planète Vénus. Ensuite, il a cru qu’un avion de l’armée américaine, visible à l’œil nu, allait percuter le sien. Il a alors poussé le manche de commande, entraînant l’appareil dans une chute de 400 pieds. L’autre avion était en fait à 1000 pieds, soit 300 mètres, en-dessous de lui. Il n’y avait donc aucun danger.

D’après le rapport, le pilote aurait été victime d’une inertie du sommeil. Il se serait réveillé dans un état de confusion et de désorientation, ce qui expliquerait ce manque de cohérence.

Une fois ses esprits retrouvés, l’homme a remonté l’appareil de 800 pieds. Ces brutales montées-descentes ont entraîné la chute de plusieurs personnes qui ne s’étaient pas attachées.

Le « repos aux commandants » est autorisé sur les avions de ligne, pour une durée maximum de 40 minutes. Une fois réveillés, les pilotes sont censés attendre 15 minutes avant de reprendre les commandes, afin d’être sûrs d’avoir les idées bien claires.

Mathilde Bourge