Alimentation, textile : nos conseils pour une grossesse sans risque

Mobilier, air ambiant, textile, alimentation… Les sources de pollution chimique ne manquent pas. Et elles mettent en danger en premier lieu les femmes enceintes. Et avec elles, l’enfant à naître. Nos conseils pour une grossesse à l’abri.

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Alimentation, textile : nos conseils pour une grossesse sans risque ©Shutterstock

À table…

L’agriculture conventionnelle et l’industrie agroalimentaire ont massivement recours aux additifs alimentaires que sont les conservateurs, les colorants, les émulsifiants 
ou encore les exhausteurs de goût. Sans oublier l’usage 
de pesticides qui persistent sous forme de résidus dans 
les aliments. Les effets sur l’organisme, notamment des femmes enceintes, de tous ces produits chimiques sont encore trop mal connus. C’est vrai pris isolément, mais encore plus vrai dans leurs interactions.

La réponse à cette situation inédite est de manger bio. Sur les 350 additifs autorisés dans l’alimentation, seuls 48 peuvent être utilisés dans les produits bios. Et encore, pas plus de trois à la fois. Une option qui change la donne si l’on se fie à certaines études. Celle menée en juillet 2015 auprès de deux groupes d’enfants, l’un mangeant bio et l’autre non, montre que la présence de malathion était divisée par dix chez les consommateurs de bio. De même, l’ingestion de pesticides organophosphorés pendant la grossesse ferait baisser de 7 points le QI de l’enfant à venir. Sans parler des risques d’autisme et d’hyperactivité. Autre donnée, les cas de malformation du pénis sont deux fois moins fréquents chez les mères mangeant bio pendant leur grossesse. Si manger tout bio n’est pas toujours possible, il faut savoir que c’est particulièrement important pour le pain complet car les enveloppes du blé non bio contiennent des pesticides. C’est important aussi pour les fruits et légumes.

Il faut également privilégier les viandes maigres car les graisses animales piègent les polluants comme les dioxines, les PCB et les dérivés polybromés. Attention aux abats (foie, rognons…) car ils contiennent des traces de métaux lourds qui peuvent altérer les reins, les voies respiratoires et le métabolisme. Enfin, certains produits qui n’ont rien d’indispensable doivent être évités. C’est le cas des sodas qui sont bourrés d’ammoniaque, d’acide phosphorique et d’acide citrique, mais aussi de l’aspartame, encore désigné sur les étiquettes par l’E 951 ou par « source de phénylalanine ». Des études établissent un lien entre fausses couches et consommation importante d’aspartame. Enfin, le soja, pas plus d’une fois par jour. Riche en isoflavons, il peut perturber la fertilité des garçons à l’âge adulte.

Et aussi : même si le niveau de prévention en matière 
de risques infectieux est bon, rappelons comment éviter 
ces maladies que sont la toxoplasmose, la salmonellose 
et la listériose. Des maladies qui peuvent provoquer la mort du fœtus, des accouchements prématurés ou des troubles neurologiques et ophtalmiques. Pour éviter de contracter 
la toxoplasmose, il faut bien laver les fruits et légumes, bien cuire les aliments, notamment les viandes, et éviter le contact avec les chats. La salmonellose s’évite en faisant l’impasse sur les coquillages crus. Quant à la listériose, il suffit de bannir de son alimentation les produits animaliers crus (fromages, laits, viandes, poissons, etc.) ainsi que les charcuteries. Grâce à la prévention, les cas de listériose chez la femme enceinte ont été divisés par dix en vingt ans !

Côté emballages…

Les conserves et emballages plastiques contiennent de nombreux perturbateurs endocriniens. Le plus connu d’entre eux est sans doute le bisphénol A que l’on retrouve encore dans certains plastiques comme celui qui tapisse l’intérieur
des canettes et des conserves alors qu’il a été interdit dans les biberons en mars 2011. En théorie, il ne devrait plus être en contact avec les aliments car il interagit avec eux. 
Le bisphénol A mime le fonctionnement de certaines hormones, ce qui peut provoquer des fausses couches 
ou faire baisser les hormones T4 chez la mère et TSH chez les garçons. Or elles sont essentielles dans la croissance 
pré mais aussi post-natale, notamment du cerveau. 
Les phtalates sont aussi mis à l’index car ils peuvent causer des troubles métaboliques, des troubles des capacités reproductives et augmenter les risques d’asthme et d’allergies. Les films étirables de cuisine en contiennent. Surtout ne pas les passer au micro-ondes. L’idéal est donc de privilégier les contenants en verre, un matériau qui n’interfère pas avec les aliments. Et à défaut de produits frais bios, d’opter pour les aliments surgelés. Le froid neutralise les interactions.

Ondes et compagnie…

Les conséquences des rayonnements électromagnétiques sur la santé font l’objet d’études controversées, quand elles existent. Car de l’avis de nombreux professionnels de santé, elles ne sont pas suffisamment évaluées. Particulièrement inquiets : les pédiatres. Nous sommes pourtant tous en permanence exposés à ces rayonnements. Ondes radio, radars, satellites, Wi-Fi, téléphone portable, tablette… Tout y passe ! On sait néanmoins que ces ondes impactent les fonctions cellulaires et modifient la structure de certains atomes. 
Les ondes des téléphones portables ont même été classées 
« cancérogènes possibles » par l’Organisation mondiale de la santé en mai 2011. Parmi les risques également supposés : les troubles du fonctionnement cognitif et psychique. Tandis que des recherches sont en cours pour connaître l’impact de ces ondes sur les embryons, il est impératif de faire preuve de prudence. Pour cela, il ne faut jamais dormir avec le téléphone allumé dans la pièce, il faut limiter au minimum l’usage des oreillettes et l’exposition au Wi-Fi. Enfin, on le sait moins, mais il ne faut pas utiliser un téléphone portable en voiture ni même en marchant car le mouvement requiert une puissance de captation plus importante !

Pour le ménage…

Dehors la tonne de produits d’entretien tous plus toxiques les uns que les autres derrière leurs allégations marketing miraculeuses ! Le mieux est de revenir à des fondamentaux : chiffon en microfibres pour la poussière, vinaigre blanc pour les vitres, savon noir ou savon de Marseille pour les sols et bicarbonate de soude pour les taches sur les tissus de la maison (moquette, tapis, etc.). On jette également tout ce qui est parfum d’intérieur, bougies parfumées et encens. On remplace cela par des galets de pierre imbibés de quelques gouttes d’huile essentielle de citron ou d’eucalyptus. Pour les armoires, on revient aux sachets de tissus remplis de thym ou de lavande. Pour en finir avec les fourmis, les araignées et autres punaises, on utilise de la terre de diatomée et, pour éloigner les moustiques, on fait confiance à la citronnelle et au basilic. Si ces astuces de nos grand-mères ne vous conviennent pas, on peut toujours opter pour des produits d’entretien verts de marques telles que Arbre vert ou Rainett. Enfin, règle d’or : on aère chaque pièce entre 10 et 30 minutes par jour.

Poêles et ustensiles…

À choisir, il faut investir dans des poêles 
et casseroles en inox et bannir celles tapissées de revêtements antiadhésifs car ils interagissent avec les hormones thyroïdiennes et sexuelles. Chauffés à plus de 230 degrés, ces revêtements sont clairement toxiques et contaminent les aliments. La situation s’aggrave quand le fond des poêles et casseroles est rayé. Certains industriels déclarent ne plus recourir au PFOA, l’acide principal dans la fabrication de l’antiadhésif des batteries de cuisine. Mais ils demeurent muets sur les substances de remplacement à cause, prétendent-ils, 
du secret industriel. Pour les cuillères et spatules, là encore on préfère l’inox ou le bois à condition qu’il ne soit ni traité ni vernis. Verre et porcelaine seront les matériaux bienvenus pour tout ce qui est moules. Ceux, très à la mode, en silicone contiennent trop souvent des composés volatils : 25 % des plats selon une enquête de la Direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes menée en 2010. Si le bisphénol A est interdit dans les biberons, on en trouve encore dans certains robots ménagers : bien lire les étiquettes donc.

Hygiène et cosmétiques…

Fonds de teint, vernis à ongles, déodorants, shampoings ou encore dentifrices, tous ces produits contiennent des perturbateurs endocriniens qui pénètrent vite dans le sang et franchissent sans difficulté la barrière placentaire. Là encore, il faut adopter des produits bios et se fier à une trousse de toilette basique : du dentifrice bio, du savon bio surgras ou du savon saponifié à froid, du shampooing sans sulfate. On bannit tous les produits contenant des parabens, des conservateurs, des colorants
 et des parfums de synthèse. Pendant la grossesse mais aussi en cas d’allaitement, on évite le maquillage, les gels douche, les déos, etc. Pour plus de sécurité, on fait le minimum !

Dans les armoires à pharmacie…

Certaines maladies chroniques ne tolèrent 
pas que les malades arrêtent leur traitement. Lorsqu’un projet de grossesse se dessine, il est bien sûr impératif d’en parler à son médecin traitant ou à son spécialiste, le cas échéant. Ce cas de figure mis à part, il importe de faire attention aux habitudes d’automédication.

Le paracétamol, anti-douleur le plus consommé en France, n’est pas un médicament si anodin que cela. Consommé en excès, il réduit la production de testostérone du futur jeune garçon et augmente les risques d’infertilité masculine. Pendant la grossesse, le paracétamol doit être pris à des doses réduites et pendant une durée la plus courte possible. Les nausées sont très fréquentes le premier mois (elles concernent 80% des femmes enceintes) mais se calment facilement avec du gingembre frais râpé.

Au cours des quatre derniers mois de grossesse, il faut éviter l’aspirine et les anti-inflammatoires. Pour les difficultés de transit, consommer des fibres notamment grâce à des fruits comme le kiwi ou le melon, mais aussi boire de l’eau riche en magnésium (Hépar, Rozana, etc.), représentent de bonnes alternatives. Enfin, les tisanes de mélisse sont recommandées en cas de troubles digestifs. À noter que l’asthme et certaines allergies se passent plus volontiers 
de médicaments pendant la grossesse et ce, pour une raison simple : celle-ci augmente naturellement la sécrétion de l’indispensable cortisol !

Lessive et buanderie…

On opte pour des lessives et des adoucissants labellisés verts. Mais il y a mieux encore : utiliser du savon de Marseille liquide et verser en guise d’assouplissant un quart de vinaigre blanc en alternant avec du bicarbonate de soude. Pour le linge, très peu sale, on peut aussi utiliser des noix de lavage. On en trouve dans tous les magasins bios. 
Côté pressing, on évite les pressings 
à l’ancienne qui utilisent encore du perchloroéthylène dit « perchlo ». 
Un solvant hyper puissant classé 
par l’Organisation mondiale de la 
santé comme « cancérogène 
possible ». On se renseigne donc 
avant de confier son linge au 
nettoyage à sec !

Autour du feu…

Ronronner au coin du feu, c’est fort agréable mais c’est ultra-toxique. La fumée dégage de nombreuses microparticules, fatales pour les voies respiratoires. De plus, le bois de chauffage est la plupart du temps traité et dégage donc des dioxines. Ces dernières peuvent provoquer des problèmes au niveau de la procréation et du développement, mais aussi léser 
le système immunitaire et interférer avec le système hormonal. Elles peuvent être également à l’origine de certains cancers. L’alternative est de faire poser un insert. Histoire d’avoir la chaleur sans la fumée.

Textiles et autres…

Pas facile de s’habiller tout en bio même si on sait qu’un kilo de tissu standard nécessite un kilo de produits chimiques. On fait donc un effort sur la lingerie et tout ce qui est près du corps de la maman puis du nouveau-né car la sudation facilite le passage de substances toxiques dans l’organisme à travers la peau. On lave tout ça au moins deux fois avant le premier usage. Les textiles maison (rideaux, tapis, moquettes, etc.) sont aujourd’hui bourrés de produits toxiques anti-taches, retardateurs de flammes, anti-odeurs, anti-bactériens, anti-acariens, etc. Ce n’est pas un hasard si les dockers qui réceptionnent les containers de linge et de textile d’Asie portent des masques pour se protéger de la fumigation… Point très important : la literie, car on y passe 8 heures par jour. On évite la mousse de polyuréthane car elle est pleine de COV et dans l’idéal on achète un matelas en 100 % latex naturel issu de l’agriculture biologique. Attention certains matelas 100 % latex naturel sont traités contre les acariens. Or c’est inutile car le latex n’attire pas ces micro-bestioles !

Rénover la chambre de bébé ? Oui, mais…

La première chose à faire lorsque l’on veut refaire 
la chambre du bébé, c’est de s’y prendre plusieurs mois 
à l’avance afin de bien pouvoir aérer la pièce qui sera d’une manière ou d’une autre pleine de composés organiques volatils, ces fameux toxiques plus connus sous l’acronyme COV. On choisit la peinture dans la catégorie A+, c’est la moins toxique. Idéalement, la moquette doit être bio si on ne veut pas qu’elle ait reçu des tonnes de traitements. On la pose à l’aide de ruban adhésif biface et non avec de la colle. Le plus hygiénique reste le carrelage ou le parquet brut non vitrifié, non traité. Les meubles les plus sains sont ceux en bois massif, non vernis et non traités également, en tout cas de manière conventionnelle. Ceux à éviter, sont les meubles neufs en aggloméré. Et ce malgré la norme « NF EN 312 ».

On ne répètera jamais assez

Arrêter le tabac, l’alcool mais aussi le 
cannabis ou des drogues plus fortes 
n’est pas une recommandation sans
fondements. La consommation de 
tabac pendant la grossesse augmente 
le risque d’hémorragies et de rupture
prématurée de la poche des eaux. Première cause du retard de la croissance intra-utérine, elle peut générer des microcéphalies, engendrer des malformations (hanche, bec-de-lièvre…) et provoquer des affections respiratoires du nouveau-né, fragiliser ses organes reproducteurs. Pire, elle est mise en cause dans la mort subite du nourrisson. L’alcool, qui traverse le placenta, peut quant à lui, être à l’origine de certaines déformations du visage, de retards de croissance et perturber le développement intellectuel de l’enfant. Le cannabis, la cocaïne et toutes les drogues réduisent le poids de naissance du nouveau-né et favorisent les troubles du comportement de l’enfant. Sans oublier la hausse des naissances de prématurés et d’enfants avec un crâne de taille inférieure à la moyenne. Le seuil à partir duquel l’absorption de ces produits est dangereuse n’étant pas, à l’heure actuelle, connu, il est conseillé de s’abstenir. Pour réussir le sevrage, en cas d’addiction, rapprochez-vous d’un médecin.

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Alexandra Da Rocha