Assurances coup dur : faites le tri !

En période de crise, nous nous sentons plus vulnérables aux aléas de la vie. Certaines assurances proposent des contrats spécifiques pour nous couvrir en cas de pépin. En valent-ils la peine ?

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Assurances coup dur : faites le tri ! ©Shutterstock

Paiement de vos factures

Certains fournisseurs d’énergie proposent de prendre en charge le paiement de vos factures d’électricité ou de gaz en cas de pépin 
de santé, de décès ou de perte d’emploi. Chez Engie (ex GDF) pour 4 euros par mois, votre facture peut être prise en charge jusqu’à un an maximum, dans la limite de 5 000 euros en cas de perte d’emploi, d’incapacité de travail, de perte d’autonomie ou de décès. EDF, de son côté, propose le contrat « Assurénergie » qui vous garantit 
pendant un an un remboursement 
forfaitaire vos factures d’électricité et de gaz EDF allant de 25 à 200 euros en cas de perte d’emploi, d’hospitalisation, d’arrêt maladie, d’invalidité ou de décès. Ce contrat est facturé de 2 à 8 euros par mois selon le montant du forfait de remboursement choisi.

Cela vaut-il le coup ? Ce type d’assurance revient de 24 à 92 euros par an selon les formules, ce qui n’est pas anodin vu la courte durée de couverture (un an seulement). Sachant qu’en cas de difficultés financières pour payer ses factures d’énergie, il existe des aides et la possibilité de négocier des tarifs sociaux et des délais de paiement, ces assurances présentent peu d’intérêt. Elles peuvent valoir le coup si vos factures sont très élevées et qu’une absence de paiement était difficile à rattraper.

Paiement de votre loyer

Si vous êtes locataire d’un logement, vous êtes tenu de payer votre loyer et les charges en temps et en heure au risque de perdre le bénéfice de votre contrat de bail et de vous faire expulser du logement. Si les bailleurs peuvent se
prémunir contre ce risque en
 souscrivant une assurance 
« garantie loyers impayés » (GLI), rien 
n’existait pour les locataires. C’est pourquoi la Caisse d’Épargne a mis en place un contrat de « Prévoyance locataire » qui vous garantit que votre loyer sera payé au bailleur pendant un an si vous êtes dans l’incapacité de le faire en raison d’une perte d’emploi ou d’un arrêt de travail. Vous choisissez la somme à assurer chaque mois, de 200 à 2000 euros. Son coût représente 3,20% du montant assuré soit de 6,40 euros par mois pour une indemnisation de 200 euros de loyer mensuel à 64 euros par mois pour la couverture maximale. Nexity propose également un contrat de ce type à ses locataires à un tarif de 2,16% du loyer hors charges (soit 12,96 euros par mois pour un loyer de 600 euros) en cas de perte d’emploi, d’incapacité totale de travail, d’invalidité ou de décès accidentel.

Cela vaut-il le coup ? Vous devez être âgé de moins de 60 ans pour souscrire ce contrat. Ne vous précipitez pas sous prétexte qu’un plan social ou un licenciement est envisagé dans votre entreprise. Il existe, en effet, un délai de carence de six mois après la souscription pour pouvoir déclencher la garantie. En outre, la prise en charge du loyer n’est pas immédiate et ne démarre qu’après les trois premiers mois de chômage ou d’arrêt de travail.

Versement de votre pension alimentaire

40 % des parents (essentiellement des mères) bénéficiant d’une pension alimentaire pour leurs enfants sont victimes d’incidents de paiement de la part du parent qui doit leur verser. Fort de ce constat, une nouvelle 
garantie a été créée il y a cinq ans par Akeo : l’assurance pension alimentaire impayée (APAI). À partir de 9,90 euros par mois, vous pouvez assurer une pension de 200 euros ; 14,90 euros jusqu’à 300 euros. La cotisation atteint 40 euros mensuels pour une pension comprise entre 700 et 800 euros. Vous êtes couvert dès le premier impayé, sans franchise et pour une durée de douze à dix-huit mois selon la durée de cotisation.

Cela vaut-il le coup ? Pour en bénéficier, vous devez vivre seul et aucun impayé ne doit avoir eu lieu pendant les six premiers mois qui suivent la souscription du contrat. Si c’est le cas, vous pouvez, toutefois, résilier le contrat et vous faire rembourser les cotisations versées. Avec un taux de cotisation de 5 à 6%, ce type d’assurance coûte cher. Il faut bien évaluer le risque de non-paiement du parent débiteur (probabilité de baisse de ses revenus, situation très conflictuelle…). Enfin, cette assurance n’est pas intéressante pour les petites pensions qui peuvent bénéficier de l’allocation de soutien familiale (ASF) égale à 87,14 euros par mois versée par la CAF en cas d’absence de paiement de la pension.

En cas de chômage

L’assurance perte d’emploi vous
 couvre en cas de licenciement. 
Elle est proposée par 
les banques lors de la
 souscription d’un prêt 
immobilier afin de prendre le
 relais dans le remboursement
 de vos mensualités de crédit 
pendant un an ou plus. Chaque 
assureur a ses propres conditions
 (durée et mode d’indemnisation, âge 
limite pour souscrire, délai de carence, délais de franchise…). Il convient donc de bien étudier le contrat. Elle est réservée aux salariés en CDI ayant entre six mois et un an d’ancienneté.

Cela vaut-il le coup ? Oui, si vous êtes en poste depuis longtemps et ne comptez pas changer d’entreprise. Mais il faut prendre le temps de vérifier de près les conditions qui peuvent très restrictives et ne pas hésiter à négocier ces points. Tout d’abord, regardez quelle est la durée du délai de carence. À la signature de votre contrat, une période dite de carence court sur plusieurs mois durant laquelle, même si vous vous retrouvez au chômage, vous ne toucherez aucune indemnité. Selon les assureurs, ce délai peut être de six, neuf, voire douze mois. D’autre part, examinez comment le remboursement est limité, dans son montant (de 50 à 75%) et dans la durée (de 18 à 48 mois).

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Carole Caillaud