Asthme : les bébés protégés par les chiens

Des scientifiques ont suivi des centaines de bébés durant la première année de leur vie. Ils ont constaté que les nourrissons entourés de chien avaient moins de maladies respiratoires.

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Alors que bon nombre de parents refusent d’avoir un animal à la maison quand leurs enfants sont encore bébés, des scientifiques prouvent que les chiens agiraient, contrairement à ce que l’on pourrait penser, comme un bouclier protecteur pour les nourrissons.

Les chercheurs, pour arriver à cette conclusion, ont suivi 397 enfants, nés entre 2002 et 2005, durant la première année de leur vie. Chaque semaine, les parents devaient remplir un questionnaire pour indiquer si oui ou non leur bébé présentait des symptômes de maladies ou d’infection respiratoire. En parallèle, chaque foyer devait dire s’il possédait un animal de compagnie.

Résultat, les scientifiques ont constaté que les bébés en contact avec un chien étaient moins malades que les autres. Si 65 % des rapports hebdomadaires étaient bons pour les nourrissons non exposés à un animal, 76 % des bébés en contact avec un chien présentaient un bon bilan à la fin de chaque semaine. Autres chiffres plus révélateurs, les scientifiques ont enregistré un nombre d’otite inférieur de 44 %, et 29 % d’enfants en moins devaient prendre des antibiotiques.

Les chiens : une aide pour les défenses immunitaires

Les chercheurs se sont alors demandé quel était le rapport entre la diminution de symptômes infectieux et la présence d’un animal. Selon eux, les microbes ramenés par les chiens aideraient le système immunitaire, durant la première année de la vie d’un bébé, à se renforcer plus rapidement. Les défenses étant mieux développées, le corps combattrait mieux les infections et les virus responsables des problèmes respiratoires. C’est ce qu’on appelle l’ « hypothèse hygiéniste ».

Une étude, présentée en juin pendant le congrès annuel de la société américaine de microbiologie, avait déjà émis une telle hypothèse. Ces scientifiques avaient effectué des tests sur des souris exposées à la poussière au sein de foyer possédant un chien. Ces souris, en contact avec l’animal, ne présentaient aucun symptôme, même lorsqu’elles étaient infectées par un virus respiratoire syncytial (VRS). Ces VRS, qui sont assez fréquentes chez les bébés, favorisent notamment l’asthme.

Au sein de cette même expérience, les chercheurs ont constaté que la composition bactérienne de leur intestin était différente de celle de souris non-exposées à un chien. Les scientifiques pensent donc que les microbes dans la poussière colonisent le tractus intestinal, ce qui modifie le système immunitaire et donc protège contre les VRS.

Ces conclusions pourraient permettre aux experts de concevoir un traitement préventif pour réduire les VRS et donc l’asthme.

Mathilde Bourge