Au tennis, pourquoi 15, 30 puis 40 points ?

Nous avons demandé à Michaël Guittard, du groupe communication de la Fédération française de tennis, pourquoi le comptage des points dans ce sport était si particulier. Voici l’explication.

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le comptage des points au tennis est issu du jeu de paumes ©ThinkStock

Au tennis, on ne compte pas les points comme ailleurs. Pour marquer un jeu, le joueur doit marquer 15, puis 30, puis 40, avant de remporter le point décisif. A 40 partout, deux points d’écart sont nécessaires pour départager les joueurs.

Mais alors, pourquoi un comptage aussi particulier quand les autres sports passent tout simplement d’un point à un autre ?

Un comptage issu du jeu de paumes

Tout aurait commencé avec le jeu de paumes, ancêtre du tennis, où les joueurs, pour gagner un jeu, devait atteindre le filet en milieu de terrain. Comme le terrain mesurait 60 pieds de chaque côté du filet et que 4 points étaient nécessaires pour remporter un jeu, les joueurs avançaient de 15 pieds à chaque point marqué. D’où le passage de 15 à 30… Mais 40 ?

En réalité, les compétiteurs se seraient rendu compte qu’à 45 pieds du fond de terrain, soit 15 pieds du filet, le joueur avait beaucoup trop d’ascendant sur l’autre et le match devenait déséquilibré. Ils auraient donc décidé de n’avancer que de 10 pieds au troisième point, de marquer le jeu au quatrième et donc de repartir à zéro, du fond du court.

C’est la même logique qui a été respectée quant aux deux points d’écart nécessaires pour remporter un jeu. Comme le serveur a l’avantage par rapport au receveur, les règles ont fait que deux points devaient les départager, sinon, le serveur risquait de gagner presque à chaque fois, sans laisser aucune chance à son adversaire.

Mais au fait, d’où vient le nom « tennis » ?

Pour la petite anecdote, le mot « tennis » vient du mot « tenes », « tiens » en provençal. Le joueur qui engageait le jeu criait cela à son adversaire pour le prévenir du début du point. Les Anglais, qui ont fini par adopter le jeu de paumes, ont déformé le mot et l’ont finalement prononcé « tennis ».

Mathilde Bourge