Bien qu’interdit, le bisphénol A est toujours présent

Interdit en France depuis plus d’un an, le bisphénol A est toujours présent dans certains contenants alimentaires, selon des tests effectués par l’Association Santé Environnement France (ASEF).

0
750
Du bisphénol A retrouvé dans une canette de soda ©Shutterstock

Considéré comme perturbateur endocrinien, le bisphénol A (BPA) est interdit en France depuis janvier 2015, sur tous les contenants alimentaires (bouteilles en plastique, canettes ou boîtes de conserve). Pourtant, des faibles traces ont été retrouvées dans des emballages métalliques, selon une enquête réalisée par l’Association Santé Environnement France, en collaboration avec les équipes de l’émission « On n’est plus des Pigeons » diffusée sur France 4.

L’association, qui rassemble près de 2 500 médecins de France, a testé deux canettes de soda et deux boîtes de conserve contenant des haricots blancs. Dans une des boissons, du bisphénol A et F ont été retrouvés. L’une des boîtes de haricots contenait du bisphénol A et S. « Certes, il s’agit de très faibles doses (inférieures à 1 microgramme par litre) et les essais ayant été fait sur un échantillon faible, nous ne pouvons extrapoler. Néanmoins, nous sommes surpris d’avoir trouvé du BPA dans des boîtes vendues dans le commerce plus d’un an après son interdiction », commente le Dr Pierre Souvet, le président de l’ASEF, dans un communiqué publié sur le site de l’association.  

Femmes enceintes : vigilance

Pourtant, qu’elles soient présentes de manière infime ou non, ces traces du perturbateur endocrinien ne sont pas sans danger. « Elles n’auront pas le même effet sur les personnes, suivant l’âge, le sexe, le profil génétique, le type de produits, la fréquence ou la durée d’exposition. On sait qu’un fœtus porté par une femme enceinte sera beaucoup plus sensible à ces produits qu’un homme de 50 ans », explique le Dr Patrice Halimi, chirurgien-pédiatre à Aix-en-Provence et secrétaire général de l’association. C’est pourquoi, face ces résultats, l’ASEF recommande aux femmes enceintes de ne pas consommer en trop grande quantité des canettes et des boîtes de conserve. 

Les bisphénols F et S retrouvés sont eux encore autorisés. Mais, ces substituts du BPA auraient les mêmes effets sur l’organisme.

Plus de BPA dans les biberons

Cette étude apporte toutefois une bonne nouvelle pour les parents. Sur les six biberons testés, aucun n’a révélé de bisphénol A, F ou S dans sa composition. Pour rappel, depuis le 1er janvier 2013, le bisphénol A est interdit dans tous les contenants alimentaires destinés aux nourrissons et enfants en bas âge. Son utilisation dans les biberons avait déjà fait l’objet d’une interdiction en 2010. Le Dr Pierre Souvet recommande néanmoins de « privilégier tant que possible les biberons en verre si vous chauffez l’eau ».

Lire aussi : Des perturbateurs endocriniens dans nos hamburgers ? 

Justine Dupuy