Bientôt des algues sur les façades des bâtiments ?

Outre leurs bienfaits nutritionnels, les algues peuvent aussi réduire notre consommation d’énergie. Bientôt, il sera possible de voir sur les façades de nos bâtiments des cultures de micro-algues qui viendront capter le CO2 rejeté.

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Bientôt des algues sur les façades des bâtiments ? ©DR

Les algues n’ont pas fini de dévoiler leurs secrets. Qu’ils soient verts, rouges ou bruns, ces organismes marins sont certainement notre avenir. Certaines entreprises l’ont bien compris et se tournent désormais vers ces algues pour tenter de développer de nouvelles alternatives agricoles et/ou énergétiques. C’est en effet le cas, par exemple, de la société bretonne Olmix qui parie sur ces organismes marins pour éliminer les antibiotiques, pesticides et autres additifs chimiques utilisés dans l’agriculture. Cette dernière a même réussi à produire le premier poulet exclusivement élevé aux algues.

Et si désormais les algues pouvaient aussi réduire la consommation énergétique de nos bâtiments en captant le dioxyde de carbone ? C’est en tout cas le concept développé par Olivier Scheffer de XT-U Architects et Jérémy Pruvost, chercheur en génie des procédés à l’université de Nantes. L’objectif ? Cultiver des micro-algues (algues microscopiques) sur les façades des immeubles. Comment ? En les cultivant dans des sortes d’aquarium qui ressemblent à des lames d’eau de quelques centimètres d’épaisseur comprises entre deux parois de verre. Cette innovation s’appelle la « biofaçade ».

Transformer le CO2 en biomasse

Ainsi grâce à ce système unique, les micro-algues peuvent capter le CO2 rejeté par les bâtiments (chaudière etc.) et le transformer, grâce à la photosynthèse, en oxygène, mais aussi se nourrir grâce aux nutriments apportés par les eaux usées. Elles pourront faire office d’isolant thermique contre le froid et le chaud. Un moyen formidable pour réduire de façon « green » la consommation d’énergie.

Autre avantage, ces micro-organismes pourront par la suite transformer ce CO2 en biomasse, une source d’énergie renouvelable, utilisée notamment pour l’agriculture, la cosmétique ou comme biocarburants pour les transports.

Cette nouvelle culture de micro-algues ont donc tout bon : elle permet de réduire la consommation d’énergie des bâtiments, de dépolluer les villes mais aussi de créer une nouvelle source d’énergie écologique. Si ces biofaçades venaient à voir le jour dans nos villes, elles permettraient tout de même de capter trois à cinq fois plus de CO2 que les espaces verts de nos villes.

Lire aussi : L’algue marine est-elle l’avenir de l’agriculture ? 

Justine Dupuy