On croyait que Vinokourov, après sa chevauchée fantastique (!) aux amphétamines, avait tué le Tour de France.

■ En vérité, il a fallu attendre le lendemain, après l’ascension vertigineuse du Danois Rasmussen, le maillot jaune, pour découvrir que vraiment tout était pourri et que le Tour de France n’avait plus aucune justification sur le plan sportif.

■ Exclu de la « Grande Boucle » pour avoir menti à l’Union cycliste internationale, le Danois, qui s’apprêtait à faire un hold-up sur l’épreuve la plus prestigieuse du cyclisme, lui porte un coup fatal.

■ En exigeant des coureurs des efforts surhumains, les organisateurs, qui ne sont pas plus que les « forçats de la route » des anges, savent bien qu’ils encouragent le dopage ou des traitements médicamenteux spéciaux, tout en le condamnant aux yeux du public.

■ Mais nous ne sommes pas au bout d’autres surprises, bien que la caravane qui accompagne les rescapés ressemble davantage à un cortège funèbre.

■ Pour être franc, il y a autour de la lutte contre le dopage une véritable hypocrisie longtemps entretenue par les médias.

■ Faut-il préciser qu’un âne, fût-il « shooté » à l’EPO, ne remportera jamais le Prix de l’Arc de Triomphe ?

■ Dans un sport comme le golf, que les profanes considèrent comme « pépère », Gary Player, qui fut un demi-dieu dans les années 1980, a révélé, ces derniers jours, que les champions de golf, eux aussi, pratiquaient le dopage.

■ Si on cessait d’être hypocrite. Qui pourrait, la main sur le coeur, jurer qu’aucun joueur, lors de la dernière coupe du monde, n’a fait usage de produits « interdits » ?

■ Le public applaudit mais n’est pas dupe.

■ Le même public que l’on voit, malgré les scandales, au bord des routes, sait que le cyclisme est l’un des sports les plus éprouvants pour l’organisme et qu’il est impossible d’accomplir de telles moyennes et de réaliser des « exploits » en haute montagne notamment, en s’alimentant à l’eau minérale.

■ Il en est de même dans tous les sports de haut niveau où la victoire, où un record apportent gloire et fortune à un athlète.

■ Il suffit de revoir les photos de certains champions cyclistes à la retraite pour constater les dégâts que le dopage a fait à leurs corps.

■ Mais cessons encore une fois d’être hypocrite. Condamne-t-on un écrivain, auteur d’un chef d’oeuvre, bien que l’on sache qu’il est « drogué à mort » ?

■ Brûle-t-on tous ses livres ? Combien d’artistes portés aux nues par les mêmes médias qui condamnent le dopage dans le sport, se « cament » au vu et au su de tout le monde sans être abandonnés par leurs fans et sont souvent relâchés par la police même quand ils sont pris la main dans le sac ?

■ A-t-on déjà contrôlé les pilotes de formule 1 à l’issue d’un grand prix où ils risquent leurs vies à chaque tour ?

■ Mais chaque athlète, comme chaque joueur de loto, imagine, rêve que l’usage du dopage, sous ses formes les plus sophistiquées et souvent indécelables, fera de lui un héros avec la fortune comme gros lot.

■ Mais, c’est parce que le public veut du spectacle que l’on pousse les sportifs à devenir des « superman ».

■ C’est la course au sensationnel et les plus critiquables sont peutêtre ceux qui les poussent à se surpasser.

■ Un Tour de France réservé aux « cyclotouristes » connaîtrait-il le même succès populaire ?

Votre avis nous intéresse ! N'hésitez pas à réagir à ce billet sur ce blog ou sur le forum de Réponse à Tout!