FIAC 2012 : le kit de survie pour les non-initiés
Fiac 2012 : éviter la foule avec les sorties « hors-les-murs »
Halte aux idées reçues, la Fiac n’est pas (seulement) un rendez-vous pompeux entre "cultureux". Avec son programme « hors-les-murs », elle délivre son lot de bonnes surprises.
La Fiac 2012 au Jardin des Tuileries
De bonnes surprises, le Jardin des Tuileries en regorge, pour cette édition 2012, grâce à la vingtaine de projets qui le parsèment. Performances, œuvres sonores, sculptures, installations… tous les styles sont permis avec pour impératif : l’interaction avec le public. Les passants peuvent ainsi découvrir la bibliothèque mobile de Tadashi Kawamata (The Exchange Library, 2011), le paravent en miroirs de Tom Burr (Blatantly Bronze Landscape, 2011) et Les Chromosaturations de Carlos Cruz-Diez. L’artiste ouvre les portes de ses trois chambres monochromes (respectivement rouge, verte et bleue). L’expérience est déroutante puisque le visiteur évolue dans l’espace sans pouvoir prendre conscience des formes. Seule la notion de couleur compte.
Autres curiosités, les bancs de Jeppe Hein (Modified Social Benches, 2012). L’artiste danois s’amuse à concilier architecture et comportement social en milieu urbain. Ses bancs bousculent ainsi les codes traditionnels et se composent d’éléments sinueux, montant ou descendant brusquement. Ses utilisateurs se retrouvent ainsi dans une configuration qui incite à l’échange et au contact physique.
C’est dans le même esprit que Jean Maneval a conçu sa Maison Bulle à six coques (1968). Elle représente à la fois une simple sculpture habitable et un espace de travail idéal. Forte de son succès à sa présentation en 1968, la demeure s’est inscrite dans le programme d’équipement d’un village de vacances expérimental dans les Hautes-Pyrénées.

Carlos Cruz Díez, Chromosaturation , Paris 1965
Présentée par la Galerie Denise René, Paris
Courtesy Galerie Denise René
La Fiac 2012 au Jardin des Plantes
Au Jardin des Plantes aussi l’art réveille les passants ! Lucy + Jorge Orta attire l’attention avec son Antarctica World Passport, Delivery Bureau (2012), une performance participative qui se compose de quatre bureaux construits à partir de matériaux de récupération. L’œuvre se présente comme un passeport permettant à « tout être humain (…) de se déplacer librement et de circuler au-delà des frontières vers le territoire de son choix. » L’artiste s’interroge sur la place de l’être humain au sein de nos sociétés, si fragilisées par la crise économique et les nombreux conflits internationaux. Sa proposition : amender l’Article 13 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 de la mention suivante : « aucun individu ne peut avoir un statut inférieur à celui du capital, des marchandises, des communications et de la pollution qui ignorent toute frontière ».
Dominique Petitgand, lui, propose une installation nommée Exhalaisons (2002-2009). Deux hauts parleurs sont positionnés au sol, derrière un banc. Des bandes sonores de quelques secondes se succèdent, laissant place à une rumeur, une respiration ou un chantonnement. L’auditeur devient alors, inconsciemment, plus à l’écoute de l’environnement qui l’entoure.

Lucy + Jorge Orta, Antarctica World Passport, Delivery Bureau, 2012
Présentée par galerieofmarseille, Marseille
Courtesy of the artists et galerieofmarseille.
La Fiac 2012 sur la Place Vendôme et aux Invalides
Pour la toute première fois, la place Vendôme s’invite à la Fiac en présentant trois sculptures monumentales signées Jaume Plensa. Istanbul Blues (2012) prend ainsi place aux côtés de Yorkshire Soul II (2010), posé sur une pierre aux dimensions impressionnantes, et Irma’s White Head (2008), une tête formée avec des lettres blanches. Les œuvres de l’artiste espagnol sont dispersées dans le monde entier. Elles représentent des témoins silencieux de l’agitation urbaine et sont composées d’éléments universels, comme des notes de musiques ou des lettres tirées de tous les alphabets.
Côté rive gauche, l’esplanade des Invalides met à l’honneur Jeremy Deller. Avec Sacrilege (2012), l’artiste anglais transforme le temple de Stonehenge (Royaume-Uni) en un espace gonflable. Par cette initiative, il désacralise les emblèmes politiques et religieux, les lieux de pouvoir. Chacun peut ainsi venir y jouer en s’appropriant comme bon lui semble l’œuvre aux boudins verts.

Jeremy Deller, Sacrilege, 2012
Vue de l´installation, Glasgow International Festival of Visual Art, Glasgow Green, Ecosse 20.04 - 07.05 2012
Courtesy Art: Concept, Paris - Glasgow International Festival et Mairie de Londres
Représenté(e) par : Art: Concept
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