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Produits du terroir : ne vous faites plus avoir !

Le 21/07/2012 à 07:15:01
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En vacances, vous aimez arpenter les marchés. Mais gare aux bonimenteurs qui vendent à prix d’or des produits qui n’ont rien d’artisanal. Pour éviter les arnaques, suivez le guide.

Quelques conseils pour ne pas tomber dans les pièges d’une gastronomie locale… qui n’en est pas une !

Le melon charentais

Sucré, parfumé et juteux, ce fruit est un régal estival. Jaune ou vert, le melon charentais est une des variétés les plus répandues. Mais il faut surtout savoir qu’il s’agit d’une appellation commerciale. Ce qui signifie que les melons charentais ne poussent pas nécessairement en Charente ! Ils sont cultivés en France, mais aussi au Maroc et en Espagne.

Ce qu'il faut vérifier : si vous êtes à cheval sur l’origine géographique, préférez le melon du Haut-Poitou qui bénéficie d’une indication géographique protégée (IGP).

La charcuterie corse

Ne vous fiez pas à la jolie tête de Maure apposée sur les étiquettes, elle est purement décorative. La charcuterie corse, victime de son succès, est de plus en plus copiée. Sur 10 000 tonnes vendues chaque année en France, à peine 1 000 sont produites sur l’île. Normalement, la viande est issue de porcs 100 % corses de race Nustrale. Vous risquez néanmoins de tomber fréquemment sur de la charcuterie faite avec des cochons bretons, hollandais ou chinois. Spécialité hivernale, le figatellu n’a rien à faire sur les étals en plein été. Et si un vendeur vous propose du saucisson d’âne corse, passez votre chemin car c’est un attrape-nigaud.

Ce qu'il faut vérifier : la charcuterie corse doit être grasse pour être goûteuse. La présence d’une moisissure grise à la surface des morceaux est un bon signe. Depuis le mois d’avril, la coppa, le lonzo et le jambon sec sont protégés par une appellation d'origine contrôlée (AOC).

L'huile d'olive de Provence

Star des marchés du sud de la France, elle est l’objet de nombreuses fraudes. Et les touristes repartent parfois sans le savoir avec une huile d’olive originaire d’Espagne ou du Maghreb. Il arrive aussi qu’elle soit mélangée avec d’autres types d’huiles moins coûteuses comme celle de tournesol. Certains commerçants peu scrupuleux y incorporent de l’huile de grignons d’olive, un résidu de la pâte d’olives récupéré après l’extraction.

Ce qu'il faut vérifier : la mention « première pression à froid » n’est pas un gage de qualité. Autrefois, il y avait une deuxième pression à chaud qui permettait d’allonger la récolte. Or, celle-ci n’est plus pratiquée. La mention est donc inutile. Plusieurs labels garantissent l’origine et la qualité du produit (sept AOC et deux AOP). le logo « huile d’olive de France » propriété de l’association française interprofessionnelle de l’olive, certifie que les olives ont été récoltées et triturées dans l’Hexagone.

Les herbes de Provence

Thym, romarin, sarriette, origan et basilic… Les herbes de Provence sentent bon la garrigue. Enfin, c’est ce qu’on voudrait bien nous faire croire. Car, la plupart du temps, les mélanges présentés dans de jolis sachets ne viennent pas de Provence, ni même de France, mais d’Europe centrale et orientale ainsi que du Maghreb et de Chine. La mention « herbes de Provence » est un terme générique. Cela ne signifie en aucun cas que les herbes viennent de cette région. Pour réduire les coûts, certains revendeurs mélangent les herbes de Provence avec des mauvaises herbes ou de la terre. Méfiance donc…

Ce qu'il faut vérifier : la vigilance est de mise. Les mentions « produit en Provence » ou « origine Provence garantie » sur l’emballage attestent l’origine régionale. Les herbes de Provence Label rouge sont exclusivement produites en Provence.

Jambon de Bayonne

Ce beau jambon qu’on nous présente comme venant de Bayonne, c’est du lard ou du cochon ? Depuis 1998, la dénomination « jambon de Bayonne » est une IGP. Pour autant, tous les porcs servant à sa fabrication ne sont pas nés à Bayonne. La zone d’élevage s’étend en fait à dix-sept départements des régions Aquitaine, Midi-Pyrénées et Poitou-Charentes ainsi qu’à cinq départements limitrophes (Haute-Vienne, Corrèze, Cantal, Pyrénées-Orientales et Haute-Vienne). Quant à la salaison, elle doit se faire dans le bassin de l’Adour.

Ce qu'il faut vérifier : si vous achetez un jambon entier, vérifiez qu’il a bien été marqué par la « lauburu », ou croix basque, qui est le sceau de Bayonne. Il doit être apposé au feu sur les produits qui ont franchi toutes les étapes de la sélection.

Le camembert

Il y a camembert et… camembert. Le terme est tombé dans le domaine public. Résultat : n’importe qui peut vendre du fromage en l’appelant ainsi si cela lui chante. Le vrai camembert de Normandie est fabriqué avec du lait cru et non pasteurisé. Il est moulé à la louche et affiné dans des conditions très particulières. Et il ne représente que 4,2 % de l’ensemble de la production de camemberts en France.

Ce qu'il faut vérifier : faites bien la différence entre la mention « Camembert fabriqué en Normandie » qui n’apporte aucune garantie et « Camembert de Normandie AOP ».

Par Solenne Durox

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