Cancer : 6 malades sur 10 voient leurs revenus en baisse

D’après une enquête de la Ligue contre le cancer, 60 % des personnes malades doivent faire face à une baisse de revenus.

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Cancer : 6 malades sur 10 perdent des revenus ©ThinkStock

Une enquête menée par la Ligue contre le cancer auprès de 1 700 malades du cancer, publiée mercredi, montre que la maladie entraîne une diminution des revenus dans 60 % des cas. Cette baisse serait la conséquence de l’arrêt de travail, mais également des frais supplémentaires directement liés aux traitements. A cela, les malades doivent faire face à des difficultés pour se réinsérer dans le monde du travail. Ces difficultés financières exacerbent « le sentiment de dévalorisation déjà très présents dans la maladie et la baisse ou perte de revenus (…) peut être vécue comme une mort sociale », souligne la Ligue dans les conclusions de cette enquête.

Les salaires perdus lors des arrêts de travail ne sont que partiellement compensés par le système de prévoyance, qui ne tient pas compte des heures supplémentaires ainsi que des primes. « Les primes que je ne touche plus représentaient 24 % de mon salaire, sans compter les heures sup qui me permettaient de boucler les fins de mois », témoigne de manière anonyme, une des personnes sondées par la Ligue.

Mais ce n’est pas tout, les malades doivent assumer des dépenses liées à la maladie et qui ne sont ni remboursées par la Sécurité Sociale, ni par les mutuelles. Il s’agit notamment des frais de transport jusqu’à l’hôpital, d’achat de crème « de confort » pour atténuer l’effet de brûlure des radiothérapies, des dépassements d’honoraires et des prothèses capillaires.

Des chiffres inquiétants

L’enquête démontre que sur les personnes sondées actives au début de leur maladie, 51 % sont en arrêt de travail pour maladie, 22 % sont maintenant inactives et seulement 18 % ont retrouvé une activité professionnelle. Parmi ces 18 %, seulement 31 % ont pu réintégrer le même poste qu’elles occupaient avant la maladie. « Je sais que lorsque je serai en état de retourner au travail, je serai licenciée car mon employeur ne peut pas me redonner mon poste », témoigne une malade dans l’enquête.

« L’objectif est maintenant de porter toutes ces conclusions aux décideurs et à ceux qui vont définir la politique de santé en France », déclare la présidente par intérim de la Ligue, Jacqueline Godet. La Ligue appelle au lancement d’un 3e Plan cancer contre cette maladie qui est la première cause de mortalité en France.

Maëla Priolet