Certaines athlètes sont un peu… des hommes

Selon une étude menée en France, certaines sportives de haut niveau présenteraient un taux de testostérone très proche de celui des hommes. Il ne s'agit pas là de dopage, mais d'une anomalie génétique.

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En 2009, Caster Semanya avait dû passer un test de féminité ©Sipa

Toutes les femmes ont en elles un côté masculin… mais certaines plus que d’autres. A la demande du Comité international olympique (CIO) et de l’association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF), des chercheurs des centres hospitaliers universitaires (CHU) de Nice et Montpellier ont expliqué le caractère très masculin de certaines athlètes.

Pour cela, deux professeurs de ces CHU ont examiné les dossiers médicaux de quatre sportives, finalistes d’épreuves aux Jeux Olympiques de Londres, qui présentaient un taux de testostérone proches de celui des hommes. Après analyse, les scientifiques se sont rendu compte que cette part de masculinité très élevée n’était pas due à un quelconque dopage, mais à une anomalie génétique très rare.

Une étude partie d’une polémique

Le CIO et l’IAAF n’ont pas commandité cette étude par hasard. Il y a quatre ans, lors du championnat du monde à Berlin, Caster Semenya, une athlète sud-africaine, avait couru le 800 mètres avec trois secondes d’avance sur ses concurrentes. Une performance incroyable qui a semé le doute dans l’esprit des amateurs de sport. A cause de son physique puissant, de sa voix grave et de son absence de poitrine, certaines mauvaises langues avaient accusé la jeune femme d’être un homme. La fédération internationale avait alors demandé à Caster Semenya de passer des tests de féminité, un examen proscrit depuis 1999 à cause de son imprécision et de son caractère humiliant.

Les recherches des deux CHU expliquent désormais pourquoi certaines sportives paraissent très masculines ce qui peut, parfois, les avantager. Mais attention, cela ne dédouane nullement les athlètes qui, pour des raisons d’égalité, souhaiteraient se doper pour obtenir le même taux de testostérone dans le sang…

Mathilde Bourge