Ces Français qui travaillent le 1er mai

Infirmiers, caissiers, barmans... de nombreux Français travaillent le 1er mai. La Fête du travail est pourtant censée être chômée par tous dans notre pays. Le 1er mai est-il vraiment un jour férié à part comme on le prétend ?

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Même s'il est généralement chômé, le 1er mai est un jour de travail ordinaire pour de nombreux Français. ©Fotolia

Beaucoup de pays ont choisi de célébrer la fête du travail le 1er mai, en commémoration des luttes ouvrières de 1886 à Chicago. Les syndicats appellent traditionnellement à manifester ce jour-là, pour exprimer les revendications des salariés. Le Front National a également choisi cette date pour honorer la mémoire de Jeanne d’Arc.

Mais certains Français ne peuvent se rendre à aucun rassemblement et doivent prendre le chemin du travail, comme un jour ordinaire. A-t-on réellement le droit de faire travailler un salarié le 1er mai ? Rappelons les principes de ce jour férié pas tout à fait comme les autres.

Le 1er mai, jour chômé et payé

En principe, le 1er mai est le seul jour férié qui est chômé et payé. Cela s’applique à tous les salariés, toutes entreprises et catégories confondues. Ces derniers ne doivent pas travailler, mais perçoivent tout de même leur salaire.

Qui travaille le 1er mai en France ?

Selon l’article L3133-6 du Code du travail, il existe des exceptions au chômage du 1er mai. “Les établissements et services qui, en raison de la nature de leur activité, ne peuvent interrompre le travail”, peuvent donc déroger à la règle. Cependant, aucun texte ne dresse la liste des entreprises visées par le texte. C’est le juge de fond (juridiction qui analyse et qualifie les faits, puis donne une solution juridique) qui est chargé de déterminer si cette nature contraint l’entreprise à rester ouverte le 1er mai (Cour de Cassation : Cass. crim. 8 février 2000, n° 99-82118).

Les hôpitaux, les casernes de pompiers et les transports publics sont concernés, pour des raisons évidentes. Les veilleurs de nuit travaillent également le 1er mai, ainsi que les employés d’hôtels, restaurants, bars ou salles de spectacles. Ce qu’on appelle les usines de feu continu, c’est-à-dire qui ne peuvent interrompre la production, fonctionnent aussi le 1er mai. Certains supermarchés décident parfois d’ouvrir leurs portes. Le 1er mai reste néanmoins le jour férié le plus respecté en France.

Travailler un 1er mai, ça rapporte ?

Dans le cas où le salarié travaillerait, l’employeur est contraint de lui verser deux fois son salaire : une fois parce qu’il travaille, et une autre fois parce qu’il devrait ne pas travailler. Les primes doivent aussi être compensées, et sont à la charge de l’employeur. Attention : le salaire ne peut être triplé. Aucune condition n’est requise pour son indemnisation (ancienneté, nombre d’heures travaillées les deux mois précédents…).

Au contraire, les autres jours fériés peuvent être travaillés si l’employeur le souhaite et ne sont pas obligatoirement majorés. Cependant, beaucoup de conventions collectives prévoient le chômage de ces journées et leur indemnisation est souvent équivalente à un doublement du salaire. La Fête du travail est donc bien un jour spécial pour les salariés puisqu’ils sont obligatoirement payés double s’ils travaillent et puisque le repos est généralement respecté par les entreprises en France.

> Lire aussi : Pourquoi s’offre t-on du muguet le 1er mai ?

Charlotte Loisy