Coca-Cola : des liens financiers avec les médecins pour vanter ses boissons light ?

L’association Foodwatch accuse le géant des sodas d’avoir distribué près de 7 millions d’euros pour s’assurer que les boissons light soient considérées comme bénéfiques pour la santé.

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Coca-Cola : des liens financiers avec les médecins pour vanter ses boissons light ? ©focal point / Shutterstock.com

Coca-Cola light, zéro ou life… Ces boissons, présentées comme « bonnes pour la santé », sont devenues les stars de nos rayons. Mais sont-elles vraiment bénéfiques ? À en croire l’ONG Foodwatch non. L’association accuse Coca-Cola d’avoir distribué près de 7 millions d’euros pour obtenir des avis favorables sur les effets de ses boissons light. Une somme conséquente employée « à brouiller le débat sur l’obésité et le diabète », dénonce-t-elle. « Chercheurs, médecins, nutritionnistes, diététiciens ont empoché des sommes rondelettes et prétendu que les boissons light seraient finalement plutôt bénéfiques pour la santé. Ce qu’elles ne sont pas. Coca-Cola met les moyens pour que les conséquences des boissons sucrées ou édulcorées sur la santé soient minimisées, et pour échapper à ses responsabilités. » Toutefois, les édulcorants utilisés pour remplacer le sucre sont pourtant loin de faire l’unanimité au sein de la communauté scientifique. 

D’après l’association, « pour le géant des sodas, des scientifiques ont ainsi sillonné congrès et conférences et multiplié les publications en chantant les louanges des édulcorants ». Dans sa liste publiée sur son site, Foodwatch vise plusieurs associations et instituts français qui auraient reçu cet argent, comme la Fédération française des diabétiques, le Centre national pour le développement du sport (CNDS) ou encore l’Institut Pasteur de Lille et l’Association française des diététiciens nutritionnistes.

Foodwatch rappelle que l’enjeu est de taille pour Coca-Cola. L’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES) avait en 2011 évalué l’intérêt nutritionnel des édulcorants. Il en a été ressorti que les édulcorants intenses n’avaient pas d’effets bénéfiques sur « le contrôle du poids, la glycémie chez les sujets diabétiques ou l’incidence du diabète de type 2 ». L’expertise a également démontré qu’il n’y avait pas de lien probant permettant d’encourager la substitution du sucre par ces édulcorants dans le cadre d’une politique de santé publique. L’Agence souligne toutefois dans son rapport « la nécessité d’approfondir les connaissances entre la consommation d’édulcorants intenses et certains risques. »

Coca-Cola se défend

Dans un courrier adressé à Foodwatch, Coca-Cola affirme : « Nous comptons sur la recherche scientifique pour prendre des décisions sur nos produits, et donner le pouvoir aux tiers indépendants de faire ce travail ». Et ajoute : « Nous croyons aussi que nous avons un rôle à jouer dans la lutte contre l’obésité et nous avons rendu publics nos engagements dans ce sens. Tout ce travail implique des réunions et des partenariats avec des tiers, y compris des universités, des professionnels de santé, des ONG. » La firme a d’ailleurs publié sur son site, en décembre dernier, la liste de tous leurs partenariats et de leurs actions dans les domaines de la nutrition et de l’activité physique. 

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Justine Dupuy