Comment gérer son budget comme un as ?

Le calcul et vous, ça fait deux. Et comme vous n’êtes pas richissime, les fins de mois sont parfois difficiles. Que vous soyez déjà dans le rouge ou juste à l’équilibre, voici six réflexes pour gérer votre argent au mieux.

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Ne dépensez jamais de l'argent que vous n'avez pas encore sur votre compte ! ©ThinkStock

NOTRE EXPERT – Pascale Micoleau-Marcel, auteure de Bien gérer son argent pour les Nuls (First éditions, 2013) et déléguée générale de l’Institut pour l’éducation financière du public (IEFP) qui édite le site lafinancepourtous.com.

1. Habituez-vous à checker les entrées et les sorties

Pour venir à bout des fins de mois difficiles, il faut soit dépenser moins, soit gagner plus. Plus facile à dire qu’à faire. Et dans tous les cas, il faut surveiller son compte. En le consultant régulièrement sur Internet ou au distributeur, vous pouvez tenir une compatibilité en temps réel. Soustrayez du solde les débits qui n’apparaissent pas encore (chèques émis, paiements par carte bancaire pas encore encaissés, etc.).

Conservez précieusement les tickets de carte bancaire, les tickets de caisse, les talons de chèque afin de maîtriser vos dépenses et contrôler que la banque n’a pas débité deux fois une même dépense. Cela permet aussi de prendre conscience d’un achat que vous avez complètement oublié.

2. Faites un vrai état des lieux

Vous savez grosso modo combien d’argent entre tous les mois sur votre compte bancaire, mais vous ignorez où et comment il repart exactement. Vous avez certes une vague idée de ce que vous coûte le poste « logement » par exemple, mais pour le reste, c’est assez flou. Listez les entrées et les sorties au cours du mois, du trimestre ou mieux de l’année en cours.

Quelles dépenses faites-vous, à quelle période de l’année ? Classez-les par fonction (logement, voiture, etc.). Dans le poste logement, par exemple, pensez à intégrer l’électricité, l’accès Internet, l’assurance, la taxe d’habitation, etc. Classez-les aussi par degré de contrainte : ce sont toutes les dépenses auxquelles vous êtes lié par la loi ou les contrats (impôts, crédits, loyer, EDF…) et que vous ne pouvez ni reporter, ni oublier. Ces mises au point devraient vous permettre de construire un budget.

3. Dégagez des pôles d’économie

Les dépenses contraintes sont les plus difficiles à réduire à court terme. Toutefois, on peut toujours changer d’opérateur de téléphonie pour avoir moins cher, négocier ses assurances au plus bas ou encore, si vous avez un loyer élevé, penser à déménager. Observez bien ensuite les dépenses reportables ou occasionnelles comme les vacances, les loisirs, les vêtements, etc. Au lieu de partir en voyage tous les ans, envisagez de partir tous les trois ans seulement, par exemple. Si vos vêtements sont dans un état correct, remettez à plus tard l’acquisition d’un nouveau jean. Mises bout à bout, ces dépenses différées peuvent éviter d’être dans le rouge. Dans tous les cas, il vous faut dégager des priorités. Est-ce plus important pour vous d’aller souvent au cinéma ou de rouler dans une nouvelle voiture ?

4. Maîtrisez vos moyens de paiement

Si vous avez un profil de cigale ou plus simplement des problèmes d’argent, évitez de payer avec une carte bancaire à débit différé car la tentation de l’utiliser encore et encore jusqu’à la date du débit, est grande. Et c’est comme ça que le jour J, vous vous retrouvez avec une forte somme à débiter et un risque de découvert. Pour les budgets serrés donc, la carte à débit immédiat est la meilleure option. Car elle permet, à condition de consulter son compte, de savoir où vous en êtes. Et la carte à autorisation automatique est encore plus sûre : aucun paiement par carte ne sera autorisé si vous n’avez pas assez sur votre compte.

Attention à l’utilisation des chèques : ils peuvent être débités un an plus tard ou le jour de leur émission. Si vous ne tenez pas vos comptes, vous pouvez oublier cette dépense et vous retrouver avec un trou des mois après l’avoir signé. À l’inverse, même si vous demandez au commerçant de l’encaisser un mois après l’avoir rempli, rien ne vous garantit qu’il le fera. La meilleure solution, c’est de toujours considérer qu’un chèque émis est un chèque débité. Enfin, pour les dépenses contraintes, optez pour la mensualisation et le prélèvement automatique.

5. Gérez votre trésorerie

Vous gagnez 1 300 euros par mois et dépensez 1 300 euros par mois. Le problème, c’est qu’au moindre coup dur ou petit contretemps, vous n’avez pas de marge de manoeuvre. Résultat, vous risquez d’être à découvert. Si c’est pour acheter un nouveau lave-linge, le plus raisonnable serait d’aller à la laverie le temps d’économiser le budget nécessaire.

Si c’est pour réparer le véhicule dont vous avez besoin pour aller travailler, c’est une autre histoire. Votre premier réflexe sera sans doute de jongler avec votre découvert. Il peut s’agir d’une simple tolérance : en somme, votre banque ferme les yeux sur votre compte débiteur quelques jours seulement. Si c’est un découvert autorisé, il figure dans votre convention de compte avec sa durée et son montant. À noter que des agios peuvent être prélevés. Si vous dépensez au-delà de votre découvert autorisé, vous allez non seulement payer des agios, mais aussi des commissions d’intervention d’environ 8 euros pour chaque opération dans la limite de 80 euros par mois avec la nouvelle loi. Pour les ménages les plus fragiles, ces frais sont limités à 4 euros par intervention dans la limite de 20 euros.

Dans tous les cas, vous devrez assainir rapidement la situation. Sinon, vous vous enfoncerez dans un déficit structurel et coûteux. Là, soit vous pouvez emprunter à des amis ou à des proches, soit vous envisagez avec votre banque un prêt personnel qui reviendra moins cher qu’une accumulation de commissions d’intervention.

6. Ne dépensez jamais de l’argent à venir

Que l’on vous ait promis une prime au bureau qui tomberait dans deux mois ou que vous envisagiez de faire un vide-grenier pour arrondir vos fins de mois, gardez votre calme. Une des règles d’une comptabilité saine consiste à ne jamais vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, c’est-à-dire à ne jamais dépenser de l’argent qui n’est pas encore acquis. Pour une raison simple, c’est que si les événements prennent une autre tournure, vous risquez de vous retrouver dans le rouge !

Dans tous les cas, ne pratiquez jamais la politique de l’autruche, prenez rendez-vous avec votre conseiller clientèle dès que vous voyez que votre situation financière se dégrade !

Rédaction