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Anti-crise

Alternative au logement: la location de bureaux ou anciennes écoles

Le 07/05/2012 à 16:21:52
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La société néerlandaise Camelot Property compte s'étendre en France. Elle vise à loger temporairement des personnes à moindres frais, dans des bâtiments provisoirement inoccupés.

D'ici fin mai, Camelot Property devrait s'implanter pour de bon en France. Cette société, venue tout droit des Pays-Bas, propose une alternative au logement cher, qui vient répondre à la l'article 101, de la loi du 25 mars 2009 de mobilisation pour le logement et la lutte contre l'exclusion. On peut d'ailleurs lire en ce moment une offre pour le moins alléchante. "Jolie résidence d'accueil de 400 m² à partager au sein d'un parc arboré de plusieurs hectares en bordure de village. Parking. 195 euros par mois, eau, électricité et chauffage compris. 10 km de Poissy (Yvelines)".

Si pour vous cette annonce sent l'arnaque à plein nez, il n'en est pourtant rien. Camelot Property propose en effet de loger environ dix résidents dans une ancienne maison de retraite, et tout le monde y gagne. Les résidents, qui payent un logement moins cher que la moyenne, et les propriétaires, qui font occuper leurs lieux dans l'attente d'un rachat, d'une location ou d'une rénovation.

Une offre donnant/donnant

Pour le propriétaire, la présence de résidents temporaires permet de préserver les lieux des squatteurs, du vandalisme ou encore d'accidents de fuites d'eau ou d'incendies. L'autre avantage est que, lorsqu'une équipe de gardiens coûtent jusqu'à 150 000 euros par an au propriétaire, ces résidents lui en rapportent 500 par mois. De plus, la faible présence humaine permet de limiter les charges en eau, électricité et chauffage.

En échange, les locataires "gardiens" payent un loyer qui ne dépassera pas 200 euros par mois, et bénéficiera d'une surface de minimum 20m², qui peut s'étendre à 100m² dans les meilleurs cas.

Des conditions strictes

Toutes sortes de bâtiments entrent dans les critères de sélection de Camelot Property. Ainsi, les résidents peuvent être logés dans des bureaux, des anciennes casernes, des châteaux, des écoles ou encore des maisons de retraite.

La Préfecture doit vérifier les conditions de sécurité et de salubrité des lieux, pour la "dignité et le respect de la vie privée des résidents". Le bâtiment doit donc disposer d'un bon niveau d'équipement, mais les cuisines et sanitaires peuvent être communs. Les résidents sont souvent loger aux étages inférieurs pour des raisons de sécurité incendiaire. Malgré les nombreux volontaires, seulement un tiers des logements sont acceptés par l'entreprise néerlandaise.

En ce qui concerne les conditions de logements, les propriétaires peuvent exclure les résidents sous un délai de 4 semaines, si les lieux ont été revendus ou que la rénovation est terminée, c'est selon. C'est pourquoi il est demandé aux locataires, au moment de la sélection, de présenter un engagement de relogement par un proche. Les "résidents gardiens", quant à eux, doivent prévenir les propriétaires en cas d'intrusion ou de dégradations naturelles, et peuvent rompre leur contrat à tout moment, moyennant un préavis de 15 jours.

Un système qui s'implante en France

Il y a trois ans, la France avait tenté un essai dans un immeuble de Paris, mais l'expérience avait tourné court, le bâtiment ayant trouvé un acheteur au bout de seulement quatre mois. Dans les autres pays où le concept est bien implanté, comme en Belgique, Irlande, Allemagne, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas (où 50 000 personnes vivent dans ces conditions), les locataires restent en moyenne de 9 à 12 mois.

D'ici fin 2012, la compagnie espère qu'une vingtaine de bâtiments en France appliquera ce système, et qu'une centaine de personnes pourront ainsi être logées à moindre frais, ce qui devrait représenter 5,5 millions de mètres carrés dans le pays, dont 3,5 millions rien qu'en Ile-de-France.

"Nous ne nous adressons pas à des populations précarisées, mais à des salariés ou des personnes garantissant des revenus réguliers autour de 2000 euros, âgés de 25 à 35 ans, sans enfant, de préférence avec une expérience de colocation, qui vont occuper le bien paisiblement", explique M. berbudeau, reponsable de la société.

Aux personnes qui accusent Camelot Property de ne favoriser que les personnes qui pourraient déjà se loger, il répond: "Nous sommes une simple alternative au logement cher, pas une solution contre le mal logement".

Par Mathilde Bourge

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