COP21, et après ?

Les 195 États réunis dans le cadre de la COP21 ont adopté, le 12 décembre, un accord
 contre le réchauffement climatique. Bravo. Mais concrètement, comment cela va-t-il se passer ?

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COP21, et après ? ©ShutterStock

Que contient l’accord signé 
le 12 décembre ? 


Après quinze jours de débats et de négociations, la COP21 qui s’est tenue au Bourget, se conclut le 12 décembre par un accord, que beaucoup qualifient d’historique, sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre et la lutte contre le réchauffement climatique. Cet
 accord, appelé « Accord de Paris », fixe pour objectif de contenir la hausse des 
températures bien en deçà de 2 °C avec un effort à faire pour limiter cette hausse à
 1,5°C. L’idée, c’est que le pic des émissions de gaz à effet de serre ait lieu le plus vite possible et que ces émissions deviennent neutres à partir de 2050. Or pour limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, il faudrait réduire les gaz à effet de serre de 70 à 95% d’ici 2050. Ce qui implique une refonte totale de nos modes de transport, un changement radical de l’alimentation énergétique de nos logements et commerces.

Quelles obligations ont les États ?

L’Accord de Paris, signé par les 195 États réunis dans le cadre de la COP21, prévoit que chaque pays réactualise tous les cinq ans et de manière à chaque fois plus ambitieuse, sa contribution nationale, c’est-à-dire les objectifs et moyens qu’il s’est fixés. Un bilan est également prévu tous les cinq ans afin 
de faire le point sur les engagements de chacun. Les États doivent se revoir une première fois en 2018, c’est-à-dire dans deux ans, pour évaluer leurs progrès et le premier bilan collectif aura lieu cinq ans après, soit en 2023.

Les pays développés ont promis de fournir une aide financière aux pays en voie de développement pour les aider à faire face aux conséquences du réchauffement climatique et à réduire leurs propres émissions de gaz à effet de serre. C’est pour cela que l’Accord de Paris est qualifié de « différencié ». Concrètement, cela signifie que les pays développés, pollueurs historiques, doivent fournir plus d’efforts que les pays pauvres ou en développement. Une distinction entre pays du Nord et pays du Sud est clairement notifiée.

Quelle est la prochaine étape de cette lutte contre le réchauffement climatique ?


L’Accord de Paris doit être ratifié à partir du 22 avril 2016. La ratification sera ouverte après une cérémonie qui doit se tenir à New York. L’Accord de Paris entrera en vigueur lorsqu’au moins 55 États représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre l’auront ratifié. À partir de là, les engagements de baisse de CO2 devront se traduire dans les différentes politiques nationales. Mais cet accord qui donne un cadre, un horizon ne précise pas les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ses objectifs ni la méthodologie de contrôle et de vérification du respect de ces derniers.

Malgré ce qu’en disent ses promoteurs, cet accord n’est pas ou suffisamment pas contraignant. Aucun dispositif n’est prévu pour sanctionner ou pénaliser le non-respect des engagements que chaque État se fixe lui-même. Chaque pays doit fournir lui-même des informations sur ses émissions, sur leur absorption par des puits de carbone et sur l’avancement de ses objectifs nationaux. Rien non plus sur la régulation des émissions du transport aérien et du transport maritime qui représentent pourtant 10% des émissions mondiales.

C’est hors cadre, mais c’est en route

En dehors du cadre officiel de l’Accord de Paris, des entreprises, des associations ou encore des collectivités territoriales ont pris des engagements qui peuvent être positifs si chacun tient sa promesse.

En matière d’énergies renouvelables : parmi les différents projets lancés en la matière, celui baptisé Initiative africaine pour l’énergie renouvelable (AREI) se lance pour défi d’installer au moins 300 gigawatts en énergie renouvelable sur le continent africain 
d’ici 2030. Cent vingt pays se sont également rassemblés et accordés pour créer l’Alliance internationale pour le solaire qui permettra, par exemple, à l’Inde d’être alimentée par 100 gigawatts d’énergie solaire d’ici 2030.


En matière de climat : environ un millier de villes du monde entier se sont rassemblées autour d’un Sommet des élus locaux pour le climat. Leurs représentants ont défendu l’objectif d’atteindre 100% d’énergies renouvelables d’ici 2050 dans leurs villes. Ils se sont de plus engagés à réduire de 3,7 gigatonnes d’émissions annuelles de gaz à effet de serre dans les zones urbaines d’ici 2030. Ce qui représente cinq ans de trafic aérien mondial !


En matière de centrales à charbon: citoyens et ONG des quatre coins du monde se sont aussi mobilisés à travers des manifestations et des pétitions. En France, la problématique des centrales à charbon a fait l’objet de nombreuses pressions. Le gouvernement a finalement confirmé la suppression immédiate des soutiens à l’export pour les centrales à charbon ne disposant pas de système de capture et stockage de CO2, afin de limiter la pollution.

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Alexandra Da Rocha