Coups de soleil : bientôt un traitement contre la douleur ?

Des chercheurs américains sont parvenus à identifier la molécule à l’origine de la douleur ressentie après un coup de soleil. Une découverte qui pourrait permettre de développer des traitements efficaces contre les maladies liées au soleil.

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Un coup de soleil est dû à une surexposition de la peau aux rayons ultraviolets (UV), et en particulier aux UVB, à l’origine de 95 % des brûlures provoquées par le soleil. ©ThinkStock

Non protégée, la peau peut très mal réagir après une exposition prolongée au soleil. En plus d’être nocifs pour la santé sur le long terme, les coups de soleil sont difficiles à supporter sur le moment. Bonne nouvelle : dans une étude publiée le 5 août dans la revue Proceedings of the National Academy of Sciences, des chercheurs indiquent avoir repéré la molécule à l’origine de cette douleur ressentie après un coup de soleil.

Coups de soleil : TRPV4, la molécule à l’origine de la douleur et des rougeurs

Un coup de soleil est dû à une surexposition de la peau aux rayons ultraviolets (UV), et en particulier aux UVB, à l’origine de 95 % des brûlures provoquées par le soleil. Les UVB sont sources de vitamine B et de bonne humeur mais lorsqu’on s’y expose trop longuement, ils peuvent abîmer les microARN, des molécules présentes dans les cellules qui participent à la régulation de l’expression des gènes. Ils peuvent ainsi provoquer une inflammation au niveau des cellules : un coup de soleil.

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Les chercheurs ont réussi à en apprendre davantage sur ce processus, en identifiant la molécule responsable de la douleur provoquée par l’inflammation : le TRPV4, déjà repéré auparavant dans certain processus douloureux.

Pour confirmer leur hypothèse, ils ont élaboré un modèle de souris sans TRPV4 au niveau des cellules de l’épiderme, rapporte Gentside Découvertes. Ils ont exposé les pattes arrière (partie ressemblant le plus à la peau humaine) des rongeurs à des rayons UVB, puis ont fait de même avec des souris normalement constituées. Ils ont remarqué que les animaux du premier groupe n’avaient que très peu réagi (peu de rougeurs et de sensibilité au toucher), alors que les animaux du second groupe ont développé des cloques et sont devenus hypersensibles.

Coups de soleil : vers un traitement contre le vieillissement cutané ?

Pour aller encore plus loin, les auteurs de l’étude ont essayé de bloquer l’activité du TRPV4. Ils ont appliqué sur les pattes des souris un mélange conçu à partir d’une molécule capable de freiner l’action du TRPV4. Résultat : les rongeurs ont mieux résisté face à l’exposition aux UVB, tant au niveau des rougeurs que de la douleur.

« Les résultats positionnent TRPV4 comme une nouvelle cible pour prévenir et traiter les coups de soleil, et probablement les dommages dus au soleil, comme le cancer de la peau et le vieillissement cutané », se réjouit dans un communiqué Martin Steinhoff (University of California, San Francisco), co-auteur de l’étude. Mais pour en arriver là, d’autres recherches doivent encore être effectuées.

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Damien Rigat