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Bras de fer

Crimée : la menace d'une coupure de gaz

Dossier
Le 22/03/2014 à 13:39:02
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L'Union européenne souhaite exercer diverses sanctions sur la Russie en réponse à l'annexion de la Crimée, qu'elle ne reconnaît pas. Les enjeux énergétiques compliquent la situation.

Lorsque l'Union européenne (UE) a pris connaissance de l'annexion de la Crimée, elle a immédiatement promis d'exercer des sanctions économiques sur la Russie. Mais Vladimir Poutine possède une arme de défense redoutable : sa puissance énergétique. La Russie est le premier producteur de pétrole brut du monde, le deuxième de gaz naturel. Bien que le pays se doive de respecter certains accords internationaux signés avec des États par lesquels passent les gazoducs, l'Europe est dépendante du gaz russe au niveau de l'importation. Plusieurs projets d'accords sont actuellement en cours avec d'autres états pour tenter de supprimer cette subordination.

Gaz : l'Europe se détache progressivement de la Russie

En raison de sa position géographique, l'Ukraine, et donc la Crimée, est un territoire clé au niveau de l'approvisionnement gazier européen. Le gaz russe y passe pour alimenter l'Allemagne (43 % de sa consommation), les pays de l'Europe de l'Est mais aussi, de façon moins importante, l'Italie, la France et la Grande-Bretagne.

Par le passé, Vladimir Poutine a déjà exercé d'importantes pressions de par sa puissance énergétique. En janvier 2006 et 2009, il avait partiellement stoppé le transit du gaz entre la Russie et l'Ukraine à la suite d'un désaccord sur le prix du gaz entre les deux nations. Afin de limiter le risque de menace, l'Union européenne a diversifié ses approvisionnements auprès des pays de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), dont le Qatar, premier exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL). Farouchement opposée à l'annexion de la Crimée à la Russie, la Commission européenne a suspendu en début de semaine ses négociations avec Moscou sur le South Stream, un gazoduc censé alimenter le continent en contournant l'Ukraine.

Le gaz naturel, un marché sur le déclin ?

La situation actuelle est toutefois moins inquiétante pour les pays de l’Union européenne que celle connue lors des épisodes de 2006 et 2009. Une coupure de gaz aurait ainsi un moindre impact en raison du temps particulièrement doux ces dernières semaines. Autre élément permettant de minimiser les craintes : Gazprom, compagnie russe, n'est pas au meilleur de sa forme. Elle est, certes, en plein développement en Europe mais le marché du gaz naturel est actuellement en crise sur le continent. Les fermetures de centrales s'enchaînent et d'autres ressources (GNL, gaz de schiste) sont en train de gagner du terrain. De plus, le fait de laisser croire à une éventuelle coupure de gaz dessert sur le plan économique la Russie, dépendante des exportations d'énergie.

François Hollande souhaite que le sommet européen des 20 et 21 mars soit l'occasion d'une « réponse européenne forte et coordonnée ». Les sanctions de l'UE à l'égard de la Russie vont-elles être endurcies ?

À noter - Dès le 17 mars, au lendemain du vote sur l'annexion, la Crimée a nationalisé plusieurs sociétés du secteur de l'énergie. Parmi elles, les actifs présents sur le territoire de l'entreprise pétrolière publique ukrainienne Tchernomorneftegaz, le plus grand groupe de la région sur ce marché. Tchernomorneftegaz exploite dix-sept gisements, onze de gaz naturel, deux de pétrole et quatre de condensat de gaz. Les biens de deux autres entreprises du secteur des hydrocarbures, Oukrtransgaz et de Feodossia, ont également été nationalisée dans la journée.

Lire aussi : Quelques repères en images - Infographie de la Crimée
Lire aussi : Gaz de schiste - De quoi parle-t-on vraiment ?

Par Cécile David

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1 réaction à cet article

Par anonyme | Me connecter




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  1. avatar
    Publiée le 22/03/2014 à 16:25:44- par Anonyme

    Pourvu que l'Hiver prochain soit clément! Y'a du soucis à se faire sinon!