Curiosity détecte des pics de méthane sur Mars

Cette semaine, Curiosity a relevé d'étranges pics de méthane dans le cratère de Gale. La présence en forte quantité de ce composé chimique pourrait être la preuve d'une vie actuelle ou passée sur Mars.

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Curiosity a détecté des pics de méthane dix fois plus élevés que d'habitude sur Mars. ©DR

Le mois de décembre est fructueux pour Curiosity. Après avoir découvert la semaine dernière les traces d’un lac sur Mars, le robot a relevé de mystérieux pics de méthane dans le cratère de Gale. Une donnée qui éveille la curiosité des scientifiques de la Nasa, qui expliquent que, sur Terre, ce gaz provient à 95 % de micro-organismes.

Dans un premier temps, les recherches de Curiosity avaient quelque peu déçu les membres de l’agence spatiale. En effet, le robot avait détecté des niveaux de méthane bien plus faibles qu’attendus, provenant de la décomposition de la poussière du sol sous l’effet de la lumière du Soleil ou de matériaux organiques transportés par les météorites. Cependant, le rover a récemment enregistré des pics « dix fois plus élevés » que d’habitude à quatre reprises en 60 jours martiens (1 jour martien correspond à 1 jour terrestre et 39 min 35,24409 s). Un taux qui reste largement inférieur à celui trouvé sur notre planète, mais qui donne bon espoir à la Nasa.

Le méthane, signe de vie sur Mars ? Pas de réponse avant 2020.

« Ces résultats suggèrent que le méthane est produit occasionnellement ou s’échappe du sol près du cratère de Gale et qu’il se disperse rapidement une fois que ces sources se tarissent », selon les chercheurs, qui publient leurs résultats dans la revue Science. Selon John Grotzinger, de l’Institut de technologie de Californie (Caltech), responsable scientifique de la mission Curiosity, le méthane détecté peut « signaler la présence d’une vie microbienne passée ou actuelle ».

Malheureusement, l’étrange phénomène ne sera pas décrypté avant 2020, date à laquelle le prochain robot américain sera envoyé sur Mars avec l’équipement adéquat pour déterminer l’origine du méthane.

Mathilde Bourge