CV et entretiens d’embauche : quels sont vos droits ?

Redoutés par les candidats, le curriculum vitae et l’entretien d’embauche sont pourtant des passages obligés pour décrocher un emploi. Recruteurs et postulants doivent respecter certaines règles.

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Gonfler son CV ou l’arranger pour cacher une période d’inactivité est monnaie courante chez les candidats. ©ShutterStock

QUESTION : « Êtes-vous marié ? », « êtes-vous syndiqué ?», vous avez le droit de ne pas répondre.

VRAI
Le recruteur n’a pas carte blanche. Les questions posées lors de l’entretien d’embauche doivent avoir un seul objectif : apprécier votre capacité à occuper l’emploi ou vos aptitudes professionnelles. Les informations demandées doivent avoir un lien direct avec le poste proposé (articles L 1221-6 du Code du travail). Ainsi, les employeurs n’ont pas le droit d’interroger le candidat sur sa vie privée (orientation sexuelle, situation matrimoniale, profession du conjoint, nombre d’enfants, religion…) ou son appartenance syndicale. Si vous êtes confronté à cette situation, vous n’êtes donc pas tenu de répondre. Difficile dans les faits de refuser. Pour vous justifier, n’hésitez pas à lui rappeler la loi. Sachez que, face à ce type de demandes, vous avez le droit de lui mentir sans que cela puisse vous être reproché par la suite. Attention, si les renseignements demandés sont en rapport direct avec le poste ou vos compétences, vous avez l’obligation d’y répondre de bonne foi.

QUESTION : Seuls les CV envoyés par mail ou courrier sont acceptés par les recruteurs.

FAUX
CV vidéo, CV Web ou encore sous forme d’objet (T-shirt imprimé…), les candidats se démarquent par des supports inattendus et parfois décalés pour essayer d’être recrutés. Toutes les formes sont acceptées. C’est un coup de poker ! Selon une étude du site Cv-originaux.fr*, l’initiative a été souvent bénéfique pour l’auteur (92 % de retours positifs). Même s’il n’a pas été signé de CDI, cette stratégie a été payante pour se différencier des autres candidats. Ils sont 44 % pour qui la démarche a été un réel atout et 11 % pour qui cette action a été le facteur clé de leur recrutement. * réalisée en août-septembre 2014.

QUESTION : Graphologie, numérologie ou astrologie sont des méthodes de recrutement illégales.

FAUX
Si la validité scientifique de ces techniques d’aide au recrutement fait largement débat, leur recours n’est pas prohibé par la loi ni par les tribunaux, à condition que le candidat soit informé préalablement à l’entretien de la méthode employée et que les résultats ne soient pas divulgués à des tiers. Une confidentialité qui ne s’applique pas au candidat. Il peut en demander une copie. L’employeur est alors obligé de lui communiquer les résultats.

QUESTION : Le candidat n’est pas tenu d’informer de son handicap

VRAI
L’employeur ne peut pas imposer au candidat de l’informer de son handicap. Le handicap relève en effet de la vie privée, au même titre que la situation familiale, l’orientation sexuelle, l’état de santé ou les convictions religieuses. C’est à la personne handicapée de choisir si elle souhaite ou pas faire état de son handicap. Pour plus d’infos sur l’accès à l’emploi des personnes handicapées, rendez-vous sur Defenseurdesdroits.fr

QUESTION : J’ai ajouté un diplôme que je n’ai pas sur mon CV. Une fois embauché, si mon employeur le découvre, je dois lui rembourser les salaires perçus.

FAUX
Gonfler son CV ou l’arranger pour cacher une période d’inactivité est monnaie courante chez les candidats. Selon une étude du cabinet de recrutement Florent Mantione Institut de février 2013, trois CV sur quatre seraient trompeurs. Responsabilités gonflées, durées d’emploi erronées et ajout d’un diplôme inexistant sont en tête des mensonges. Mais attention, dès l’entretien d’embauche, le recruteur peut facilement vérifier des compétences vantées sur le CV. « Anglais parlé couramment », « Excel maîtrisé », un petit test pratique démasquera rapidement les menteurs.

Pour ceux qui passent entre les mailles du fi let, ils risquent de ne pas être gardés à la fin de leur période d’essai ou d’être licenciés si une fois en poste ils ne parviennent pas à exécuter leurs fonctions faute d’une expérience ou de compétences réelles. Les conséquences sont beaucoup plus lourdes pour les professions réglementées comme celles d’avocat, de médecin ou d’architecte par exemple, où produire de faux diplômes risque d’entraîner des poursuites judiciaires pour faux et usage de faux ou exercice illégal.

QUESTION : Lors de l’entretien, le recruteur peut demander une copie de l’extrait de mon casier judiciaire

VRAI ET FAUX
Tout dépend du poste visé. En principe, il ne peut vous le demander que si l’emploi pour lequel vous vous présentez exige un passé judiciaire vierge. Le recruteur n’a aucune raison de vous le demander si vous postulez pour être jardinier ! S’il le fait, vous êtes en droit de refuser. En revanche, pour certaines professions réglementées, l’employeur a l’obligation de vous le réclamer. Il s’agit par exemple des convoyeurs de fonds, des agents de sécurité, de gardiennage ou encore pour des postes d’encadrement ou de participation au fonctionnement d’un centre de vacances.

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Katy Le Moël