Déodorants : tout ce qu’il faut savoir sur les sels d’aluminium

Selon une enquête de 60 millions de consommateurs, les fabricants de déodorants ne tiendraient pas toujours compte du seuil d’aluminium recommandé par l’Afssaps. Mais quels risques présentent ces fameux sels d’aluminium ? Existe-t-il une solution alternative pour éviter de transpirer ? Eclairage.

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Déodorants : faut-il se méfier des sels d'aluminium ? ©ThinkStock

Voilà plusieurs années que les magazines féminins nous affolent avec la présence d’aluminium dans les déodorants, qui, parait-il, pourrait favoriser le cancer du sein (entre autres). Pourtant, la plupart des sprays et sticks vendus au supermarché en contiennent, parfois même au-delà des seuils autorisés par l’Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps), révèle une récente enquête du magazine 60 millions de consommateurs. Nous empoisonne-t-on sciemment ? Les sels d’aluminium sont-ils vraiment dangereux pour la santé ? Réponse à tout vous aide à y voir plus clair.

A quoi sert l’aluminium dans les déodorants ?

Au rayon des déodorants, deux catégories se distinguent : les classiques et les anti-transpirants. Les premiers se contentent de masquer les vilaines odeurs et n’ont a priori rien à se reprocher. En revanche, les seconds réduisent la transpiration et, ce, grâce aux sels d’aluminium qui entrent dans leur composition. C’est bien ce type de déodorants dont on se méfie aujourd’hui, et pour cause…

Quel(s) risque(s) l’aluminium présente-t-il pour la santé ?

Ces dernières années, plusieurs études auraient établi un lien entre ces fameux sels d’aluminium et l’apparition du cancer du sein. Un rapport de l’Afssaps, publié en octobre 2011, réfute cette hypothèse, mais pointe du doigt d’autres conséquences sur la santé, aussi inquiétantes. Selon elle, une forte teneur en aluminium pourrait affecter le système nerveux et osseux, et provoquer également des anémies.

Que conseille l’Afssaps ?

Pour éviter ces risques sur la santé, l’Afssaps recommande aux fabricants d’anti-transpirants de limiter à 0,6 % la teneur en aluminium pur dans leurs produits. Mais visiblement, certains se moquent des règles. L’enquête menée par 60 millions de consommateurs montre que sur quatorze déodorants testés, six dépassent le seuil préconisé (dont des produits de « grandes » marques comme Bourgeois, Rexona ou Axe).

Par ailleurs, l’autorité tient à alerter les utilisateurs : les déodorants à base d’aluminium (même si la teneur est très faible) ne doivent en aucun cas être utilisés sur une peau fraîchement rasée, épilée, ou présentant des lésions, les sels pouvant plus rapidement atteindre l’organisme.

Vous l’aurez compris, il est aujourd’hui difficile de s’y retrouver parmi les bons et les mauvais anti-transpirants. Même la pierre d’alun, présentée comme une alternative douce à l’aluminium, est aujourd’hui décriée par les scientifiques. Synthétique ou naturelle, elle présenterait quasiment les mêmes risques pour la santé… Dernière solution : opter pour des déodorants classiques, n’agissant que sur l’odeur, et/ou se laver régulièrement !

Julie Toury