Des antidouleurs dans la viande de cheval

Le gouvernement britannique a annoncé que trois carcasses de cheval, contenant du phenylbutazone, ont été envoyées vers la France. Pour le moment, les autorités sanitaires ignorent si cette viande a été utilisée dans la confection de plats préparés.

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Carcasse de cheval ©Fotolia

Ce jeudi, le ministre britannique de l’Agriculture a annoncé que trois carcasses de cheval, contenant un produit pharmaceutique interdit à la consommation humaine, ont été envoyées en France. Les autorités ignorent si cette viande a été intégrée dans la chaîne alimentaire.

Si l’affaire n’a aucun lien direct avec celle de la viande de cheval travestie en viande de bœuf, elle révèle un autre indice confirmant le manque de transparence de ce commerce.

Affaire Findus : un effet boule de neige

Depuis le scandale des lasagnes soit disant de bœuf de Findus, les autorités sanitaires ont multiplié les contrôles. C’est grâce à cela qu’elles ont découvert que certaines carcasses de cheval, provenant d’abattoirs britanniques, contenaient du phenylbutazone, un anti-inflammatoire, utilisé pour traiter l’arthrite ou les rhumatismes. Ce médicament, qui n’est plus remboursé en France, est carrément interdit pour les humains au Royaume-Uni. L’antidouleur peut en effet entraîner quelques complications, notamment au niveau de la production de cellules sanguines. Outre-Manche, il n’est donc utilisé que pour un usage vétérinaire.

Cependant, les autorités tiennent à rassurer la population. « Aux niveaux auxquels il a été trouvé, une personne devrait manger 500 à 600 hamburgers par jour, composés à 100% de viande de cheval, pour se rapprocher de la dose quotidienne limite pour l’homme », a tenu à préciser le ministre britannique.

Où sont passés ces chevaux ?

Pour le moment, impossible de dire si oui ou non ces chevaux, nourris aux antidouleurs, se sont retrouvés dans des plats préparés. L’Agence de sécurité alimentaire (FSA) a annoncé sur son site qu’elle allait « travailler avec les autorités françaises pour retrouver la trace » de ces carcasses. Elles sont « peut-être rentrées dans la chaîne alimentaire », a déclaré le ministre britannique, sans donner plus de détails.

Si cette viande n’a pas été utilisée pour la réalisation de plats surgelés, elles ont pu être transformées en farine animale.

Mathilde Bourge