Des appareils auditifs surfacturés

D’après l’association UFC-Que Choisir, plusieurs millions de Français ne peuvent pas soigner leur problème d’audition car les tarifs des soins sont trop élevés. L’organisme accuse les professionnels du secteur de surfacturer leur service.

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Plusieurs millions de malentendants ne peuvent pas payer leur prothèse. ©ShutterStock

Plus de deux millions de Français malentendants ne portent pas d’audioprothèses à cause de leurs tarifs trop élevés. Ces dispositifs auditifs et leur installation coûteraient plus de 1 000 euros aux particuliers après remboursement. L’association de défense des consommateurs UFC-Que Choisir dénonce le coût important mais surtout injustifié de ces appareils. Dans une étude publiée ce lundi 28 septembre, l’organisme explique que les professionnels de ce métier réaliseraient des marges brutes de plus de 75 % sur ces machines.

En effet, le coût de fabrication d’une audioprothèse s’élève en moyenne à 311 euros. Les professionnelles du secteur les achètent pour un prix moyen de 327 euros mais ils les revendent environ 1 550 euros à leur patient. Or, l’Assurance maladie ne rembourse les appareils auditifs qu’à hauteur de 120 € par dispositif. Après déduction de divers frais, les audioprothésistes font une marge d’environ 15 % sur la mise en place de ces machines auditives.

Prothèses auditives : les raisons des tarifs élevés

D’après l’UFC-Que Choisir, si ces surfacturations sont possibles c’est parce que les professionnels du secteur ne sont pas nombreux. Actuellement, ils seraient environ 3 000 alors qu’il en faudrait plus de 7 100 pour les tarifs soient justifiés. Cette pénurie leur permet notamment d’avoir un salaire plus élevé que leurs homologues kinésithérapeutes ou infirmières.

Mais cette faible quantité d’audioprothésistes est encouragée par les membres de la profession eux même. À savoir que les professionnels font pression sur le gouvernement et les formations pour que le nombre de diplômes accordés restent limité.

À cela s’ajoute la pratique de vente groupée d’audioprothèses. Autrement dit, quand un patient s’équipe d’un dispositif auditif il paye l’appareil mais aussi le suivi et l’entretien de ce dernier. Or, ces prestations sont payées alors qu’elles ne seront pas forcément réalisées. Par exemple, le cabinet pourrait fermer et donc ne pas effectuer le service préalablement payé.

L’organisme demande au gouvernement d’agir et s’alarme : « Comment admettre que le Ministère de la santé puisse plus longtemps faire le choix de préserver la rente économique des 3100 audioprothésistes plutôt que de résorber le non-équipement de 2,1 millions de malentendants ? ».

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Yuna Boudré