Des femmes enceintes rémunérées pour arrêter de fumer

Une incitation financière est proposée à des femmes enceintes pour arrêter de fumer pendant leur grossesse.

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Des femmes enceintes rémunérées pour arrêter de fumer ©ShutterStock

Le tabagisme peut avoir des effets nocifs sur la santé de la femme enceinte, mais aussi des conséquences négatives pour l’enfant, des années après la naissance. Pourtant, 18% des futures mamans continuent de fumer pendant le dernier semestre de leur grossesse, soit près d’1 femme sur 5. Malheureusement, il n’existe pas de traitements vraiment efficaces pour aider les femmes enceintes fumeuses à arrêter de fumer. Alors l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (APHP) et l’Institut National du Cancer (Inca) ont réfléchi à un dispositif pour encourager les femmes à arrêter de fumer. Moyennant une somme d’argent, ces femmes devront faire preuve d’une abstinence tabagique.

« Nous pensons que récompenser l’arrêt du tabac par des incitations financières en forme de bons d’achat peut être une méthode efficace pour vous aider à arrêter de fumer », selon des explications de l’APHP. Ces bons d’achat seront valables dans de nombreuses enseignes. Seize centres français participent à cette étude dénommée FISCP, depuis le 20 avril dernier. Alors pour vérifier si ce projet est un moyen efficace pour diminuer le tabagisme chez les femmes enceintes, les maternités participantes ont fait appel à des femmes volontaires.

Sous quelles conditions ?

Pour participer à cette étude, il faut être enceinte de moins de 4 mois et demi, être âgée de 18 ans ou plus et fumer cinq cigarettes manufacturées par jour minimum (ou trois roulées). Les cigarettes électroniques, la pipe, le cigare ou autre tabac à mâcher ne doivent pas être utilisés durant la grossesse. La condition majeure est de vouloir stopper la consommation de tabac.

Pour comprendre si l’incitation financière est efficace ou pas pour que les femmes enceintes arrêtent de fumer, les participantes ont été reparties en deux groupes qui seront suivis par des professionnels de santé spécialisés dans l’aide au sevrage tabagique (médecins ou sages-femmes tabacologues). Le premier recevra 20 euros à chaque visite prénatale. Le second recevra 20 euros supplémentaires en cas d’abstinence tabacologique (vérifiée par un contrôle d’urine). Ainsi, une femme qui arrête de fumer pourra percevoir jusqu’à 300 euros à la fin de l’étude.

Des résultats encourageants 

L’étude est encore trop récente pour tirer l’efficacité de cette méthode anti-tabac chez les femmes enceintes. Les premiers résultats seront disponibles d’ici deux ans. Toutefois, un sondage Ipsos mené dans le cadre de cette étude révèle que 53 % des personnes interrogées plébiscitent ces incitations financières pour le sevrage tabagique des femmes enceintes contre 28,6 % de personnes défavorables. La France se base sur un modèle testé en 2014 par une équipe écossaise qui avait conclu que la compensation financière avait un impact positif. En effet, 22,5% des femmes parmi les 612 fumeuses et enceintes ont reçu un bon d’achat car elles avaient fini par arrêter le tabac contre 8% qui n’ont rien obtenu.

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Roumaissa BENAHMED