Des fruits moins chers : la solution pour réduire la mortalité cardiovasculaire ?

Baisser le prix des fruits et augmenter celui des sodas pourrait entraîner la baisse de la mortalité cardiovasculaire. Des chercheurs américains de l'université de Harvard assurent que ces actions tarifaires motiveraient les consommateurs à adopter des comportements alimentaires plus sains.

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Des fruits moins chers : la solution pour réduire la mortalité cardiovasculaire ? ©ShutterStock

Les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité dans le monde d’après l’OMS. Pour essayer de diminuer ce taux, une diminution du prix des fruits et une augmentation de celui des sodas et autres produits responsables de la « malbouffe », pourraient avoir une véritable incidence sur les comportements alimentaires des consommateurs. C’est ce qu’ont rapporté plusieurs chercheurs de l’université de Harvard (États-Unis) à la conférence American Heart Association, consacrée à l’épidémiologie et au mode de vie.

Une baisse des décès 

Les chercheurs ont communiqué plusieurs chiffres pour étayer leur propos. Si les enseignes baissaient le prix des fruits et légumes de 10 %, encourageant ainsi les consommateurs à en acheter davantage, le nombre de décès par maladies cardiovasculaires pourrait diminuer de 1,2 % dans les cinq ans, et d’environ 2% dans les vingt ans.

Parallèlement, en augmentant le prix des sodas et des autres boissons sucrées de 10 % aussi, les décès seraient moins nombreux de 0,1 % sur cinq ans, et de 0,12 % sur vingt ans. De plus, rendre les sodas moins abordables entraînerait une réduction des cas de diabète.

Pour appuyer ces résultats, Le Point rapporte que le docteur Dariush Mozaffarian de l’université de Tufts (Massachusetts) propose d’accompagner cette action sur les prix d’« une taxe modeste sur les ventes » et de « subventions publiques pour mieux représenter les coûts réels des aliments pour la santé ». À terme, ces actions pourraient empêcher plus de 515 000 décès liés à des pathologies cardiovasculaires, ainsi que 675 000 crises cardiaques non létales aux États-Unis, toujours selon l’étude des chercheurs américains.

Une action qui peut s’avérer efficace

Si le public américain est devenu plus sensible aux effets de la malbouffe (les ventes des sodas ont par exemple diminué), les États-Unis n’ont pas encore entrepris de mesures effectives pour imposer une taxe sur les produits trop sucrés comme les sodas. La tribu des Navajos a quant à elle mis en place quelques aménagements. Elle a supprimé les taxes sur les fruits et légumes tout en augmentant le prix des produits trop gras et trop sucrés qualifiés de « malbouffe ». L’argent récolté est ainsi réinvesti pour valoriser des comportements alimentaires sains auprès de la population. Autre exemple de mesure concrète : le Mexique impose une taxe d’un peso par litre de boisson sucrée.

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Jane Mara