Des pâtisseries taxées de caricatures négrières

A Grasse, un pâtissier est accusé de racisme pour ses pâtisseries représentant des personnages en chocolat noir, obèses, aux lèvres et sexes disproportionnés.

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Le pâtissier avoue lui-même que ces pâtisseries sont inspirées d’un ancien gâteau qui s’appelait « négresse » ©DR

« Des caricatures négrières, obscènes et injurieuses (…) qui puisent dans la vieille tradition du racisme colonial ». C’est en tout cas l’avis du Conseil Représentatif des Associations Noires (Cran) au sujet des pâtisseries de Yannick Tavolaro, vendues dans sa Boulangerie « Aux Délices de Grasse », à Grasse, dans les Alpes-Maritimes.

Le Cran pourrait porter plainte

Les pâtisseries mises en cause, baptisées « Dieu » et « Déesse » représentent des personnages en chocolat noir, obèses, aux lèvres et aux sexes disproportionnés. Mais pour le principal intéressé, il ne s’agit que de représentation « humoristique ». « Il faut avoir l’esprit tordu pour penser que c’est du racisme » se défend le pâtissier.

Si ces pâtisseries ont été mises en vente et en vitrine, à la vue et au su de tous, depuis quelques jours, Yannick Tavolaro assure que « cela fait quinze ans [qu’il] les propose tous les week-ends en hiver ». Mais l’association contre le racisme, elle, exige le retrait immédiat des gâteaux et sous peine de porter plainte pour incitation à la haine raciale : « Ces friandises s’inspirent des fantasmes coloniaux concernant les Noirs (regards ahuris, bouches surdimensionnées, nudité obligée, organes sexuels protubérants). Pire encore, compte tenu de leur nom, ces pâtisseries tournent en ridicule les religions africaines », explique Louis-Georges Tin, président du Cran.

Inspirées d’un ancien gâteau appelé « négresse »

Mais l’artisan lui, n’a pas l’intention de céder aux pressions : « La seule chose qu’on leur reproche, c’est d‘être en chocolat noir. S’ils étaient blancs, personne ne s’en offusquerait. Mais le chocolat noir est plus facile à travailler et tient mieux, c’est tout ».

Yannick Tavolaro assure même que ces pâtisseries seront bien en vente ce week-end, et qu’il continuera de défendre sa liberté. Un rassemblement de soutien à l’artisan, qui doit se tenir vendredi 6 mars dans le centre-ville de Grasse, a même été organisé via Facebook.

Sauf, que le doute parait quasi impossible, quand le pâtissier avoue lui-même que ces pâtisseries sont inspirées d’un ancien gâteau qui s’appelait « négresse ».

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Laurie Ferrère